Pendant la période transitoire^ le pouDoir politique
doit être centralisé»
A la vérité, ces puissantes émotions sociales sont moins favorables à Tordre intérieur qu'à la paix extérieure. Mais les justes alarmes propres à notre anarchie spirituelle ne doivent pas empêcher de reconnaître aussi les garanties spontanées que nous offrent, même à cet égard, les vraies tendances populaires. C'est surtout du peuple qu'on doit attendre la prépondérance du pouvoir central sur le pouvoir local, ci-dessus jugée indispensable à Tordre public. Sous la seule condition de ne sus* citer aucune crainte de rétrogradation, le gouvernement proprement dit obtiendra facilement son appui contre une assemblée où prévaudront presque toujours des tendances anti-prolétaires. Entre ces deux branches du pouvoir temporel, l'instinct populaire préfère spontanément celle dont le caractère plus pratique et Tef&cacîté moins équivoque correspondent mieux à ses vœux essentiels. De vainesdiscussions constitutionnelles peuvent convenir aux ambitieux des classes moyejmes, en facilitant leur avènement politique. Mais cette stérile agita* tion inspire peu d'intérêt, et souvent un juste mépris» au peuple qui n'en saurait profiter, et dont elle tend à éluder les réclamations légitimes, en augmentant Finstabilité du seul pouvoir capable d'y satisfaire. La prédilection populaire est donc assurée à toute administra* tion qui saura la mériter, surtout en France, où les passions politiques sont déjà effacées sous l'irrévocable ascendant des questions sociales. En consolidant le pouvoir central, l'appui des prolétaires doit aussi en améliorer beaucoup le caractère habituel ; car il le dé-