QUATRIÈME PARTIE
son énergie, si une impulsion moins réfléchie ne venait habituellement la ranimer. Quoique leur noble office public doive bientôt imprimer à leurs sentiments one activité inconnue aux penseurs abstraits, cette excitation collective ne peut dispenser d*émotions privées. Même ce que leurs mœurs gagneront au commerce des prolétaires ne saurait suffire pour compenser les lacunes ordinaires de l'organisation spéculative.
- D'un autre côté,^ si les affections propres au peuple sont plus spontanées et plus énergiques que celles des philosophes, elles ont, en général, moins de persévérance et de pureté. Leur destination active ne leur permet pas d'être assez désintéressées ni assez fixes. Tous les avantages moraux inhérents à la systématisation de l'élément populaire seraient incapables d'y compenser les stimulations égoïstes d'une situation exigeante, sans l'assistance naturelle d'émotions plus douces et plus constantes. En dispensant les prolétaires de formuler leurs griefs ou leurs vœux, les philosophes n'en peuvent transformer Finévitable personnalité.
Ainsi l'alliance nécessaire qui dirigera notre réorganisation manque encore d'une suffisante représentation du suprême régulateur humain. Il n'y peut dignement entrer que d'après un élément qui lui soit directement propre, comme l'élément philosophique l'est à la raison et l'élément populaire à l'activité. Tel sera le motif fondamental de l'indispensable adjonction des femmes à la coalition rénovatrice, aussitôt que ses tendances et ses besoins deviendront assez appréciables. Ce troisième élément permettra seul à l'impulsion organique de prendre son vrai caractère définitif, en y assurant spontanément la subordination continue de la raison et de l'activité à l'amour universel, de manière à prévenir autant que possible les divagations de l'une et les perturbations de l'autre.