‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 121 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE 22J · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE 22J

rénovatrice offrira l'image anticipée de l'état normal diç riiumanité, et le type vivant de notre propre nature. , ^i la nouvelle philosophie ne pouvait obtenir un t^l appui, elle devrait renoncer à remplacer totalement la théologie dans son ancien office social. Mais la théorie fondamentale exposée au début de ce Discours garantit déjà l'aptitude féminine du positivisme, encore plus directement que son efficacité populaire. Car, son principe universel, sa manière de concevoir et de traiter le grand problème humain, n'offrent qu'une consécration systématique des dispositions qui caractérisent spontanément les femmes. Â ce sexe, comme au peuple, il ouvre une noble carrière sociale en même temps qu'il assure de justes satisfactions personnelles.

En l'un et l'autre cas, ces propriétés générales, loin d'être aucunement accidentelles, constituent la suite nécessaire de la réalité qui distingue la nouvelle philosophie fondant toujours son libre ascendant sur l'exacte appréciation de ce qui est. D'empiriques préventions ne sauraient longtemps empêcher les femmes de sentir que le positivisme satisfera mieux que le catholicisme à tous les besoins, non seulement intellectuels, mais surtout moraux et sociaux, qui les rattachent encore à un régime dont leur judicieuse sagacité ne se dissimule point la décrépitude. Ces préjugés résultent aujourd'hui d'une confusion très excusable entre la saine philosophie et son préambule scientifique. La sécheresse si justement reprochée aux savants se trouve ainsi imputée aux nouveaux philosophes, dont l'esprit a dû suivre d'abord un semblable régime. Mais l'injustice de cette extension deviendra manifeste quand le contact s'établira. Les femmes reconnaîtront alors que le danger moral de nos éludes scien^ tifiques tient surtout à leur spécialisation dispersive et empirique, qui repousse toujours le point de vue social. Elles sentiront ainsi qu'une telle influence ne saurait

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s'étendre à l'itiitiation philosophique, même spontanée, où ces diverses études ne constituent qu'une suite indispensable d'échelons préliminaires pour s'élever dignement aux théories sociales, afin de mieux appliquer toute notre existence au perfectionnement universel. Uae préparation toujours rapportée à cet unique but ne sera plus confondue par le tact téminin avec une vie entièrement vouée aux puérilités académiques. Au reste, l'ensemble dece Discours suffi raitpteinementpourdispenser, à cet égard, de toute explication préalable.

94. — La femme ne doit pas commander. Elle doit modifier l'homme par l'affection et le conseit.

Dans le régime positif, la destination sociale des femmes devient aussitôt une suite nécessaire de leur vraie nature.

Ce sexe est certainement supérieur au nôtre, quanta l'attribut le plus fondamental de l'espèce humaine, la tendance à faire prévaloir la sociabilité sur la personnalité. A ce titre moral, indépendant de toute destination matérielle, il mérite toujours notre tendre vénéralioD, comme le type le plus pur et le plus direct de l'Humanité, qu'aucun emblème ne représentera dignement sons forme masculine. Mais une telle prééminence naturelle ne saurait procurer aux femmes l'ascendant social qu'os a quelquefois osé rêver pour elles, quoique sans leur aveu. Car leur supériorité directe, quant au but réel de toute l'existence humaine, se combine avec une infériorité non moins certaine quant aux divers moyens de l'atteindre. Pour tous les genres de force, non seulement de corps, mais aussi d'esprit et de caractère, l'homme surpasse évidemment la femme, suivant la loi ordinaire du règne animal. Or, la vie pratique est nécessairement dominée par la force, et non par l'afTectioD, en I

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