‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 125 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

ont pour principe commun la loi biologique qui diminue la prépondérance de la vie végétative sur la vie animale à mesure que l'organisme s'élève et se développe.

Dans les divers modes du régime polythéique de l'antiquité, le pouvoir modérateur resta toujours réduit à l'influence domestique de l'élément féminin, sans aucune assistance publique de la force intellectuelle, qui était encore réunie constamment à la prépondérance matérielle, d'abord comme source, puis comme instrument. Au moyen âge, le catholicisme occidental ébaucha la systématisation de la puissance morale, en superposant à l'ordre pratique une libre autorité spirituelle, habituellement secondée par les femmes. J'ai indiqué, dans la troisième partie de ce Discours, comment l'évolution moderne a seule permis de compléter l'organisation du pouvoir modérateur, en faisant enfin surgir son élément le plus énergique, d'après l'intervention sociale propre à nos prolétaires. La force morale, d'abord réduite à sa source affective, et devenue ensuite rationnelle, peut ainsi se rendre active, sans perdre son caractère fondamental, puisqu'elle reste uniquement composée d'influences extérieures à l'ordre politiqueproprementdit. Toutes persuadent, conseillent, et jugent : mais aucune ne commande jamais, sauf les cas exceptionnels. Dès lors, la mission sociale du positivisme consiste surtout à systématiser la combinaison spontanée de ces trois éléments nécessaires, en développant la destination propre à chacun d'eux.

Malgré les préventions actuelles, la nouvelle philosophie est de nature à remplir toutes les conditions de cet office fondamental. Une telle aptitude est assez constatée dans les précédentes parties de ce Discours, envers l'élément philosophique et l'élément populaire, soit séparés, soit combinés. Il ne me reste ici qu'à la caractériser directement pour l'élément féminin.

Cette explication résulte spontanément du principe

affectif posé, au début de ce Discours, comme base ua verselle du positivisme. En fondant l'ensemble de L -» saine philosophie sur la prépondérance systématique d u cœur, un appelle aussitôt les femmes à former une part^^r^ie essentielle du nouveau pouvoir spirituel. La spiritualilW^ té catholique ne pouvait voir en elles que de préciei^ — ix auxiliaires; parce que sa source directe élait indépet^Kzndante de leur concours. Mais la spiritualité positive 1^ -es apprécie comme élément indispensable, puisqu'elles y

constituent la représentation la plus naturelle et la pli^His pure de son principe fondamental. Outre leur influen^^xe domestique, elles y sont surtout destinées à ramener 1^^ es deux autres éléments à celle commune unité, qui d'aboi^^d émana d'elles, et dont chacun d'eux est souvent dispo^^^ à s'écarter.

Quelle que doive être, sur de vrais philosophes, ^•^ puissance des démonstrations qui établissent la prépo^^*^' dérance logique et scientifique du point de vue socia — ^*^*' laquelle conduit ensuite à faire systématiquement pr^"'^^" valoir le cœur sur l'esprit, un tel enchainement ne sai — *--^ rait les dispenser d'une stimulation directe de l'amoi^c^^^^-* universel. Eux-mêmes connaissent tellement le pe "" d'efficacité pratique des influences purement inlellec:^^^-^" iuelles que, dans l'intérêt de leur propre mission, il n'éluderont jamais cette douce nécessité. J'ose dir^**^ l'avoir dignement sentie, quand j'écrivais, le 11 mars 1846^^ à celle qui, malgré la mort, sera toujours mon immuable compagne (1) : « Pour devenir un parfait philosophe, il « me manquait surtout une passion, à la fois profonde « et pure, qui me fit assez apprécier le côté affectif de « l'homanité. » De telles émotions exercent une admirable réaction philosophique, en plaçant aussitôt l'esprit au vrai point de vue universel, où la voie scientifique ne

(1) Qotilde de Vaux. - V. Testament d'Auguste Comte. 179- lettre, p. MO. (Note da édit.)

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