‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 126 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

l'élever que par une longue et diilicile élaboration,

jès laquelle sa verve épuisée l'empêche de poursuivre

J^vement les nouvelles conséquences du principe ainsi

Ji. L'essor direct du cœur sous l'impulsion féminine

st donc pas seulement indispensable à l'ascendant

'ial d'une philosophie qui ne pourrait jamais devenir

polaire si son intime adoption devait exiger la savante

-tîation qui prépara sa formation origina^le. Cette in-

lence habituelle est même nécessaire aussi à tous ses

'guies sjrstématiques, afin d'y contenir la tendance

«tturelle des spéculations abstraites à dégénérer en d'oi-

emcft divagations, toujours plus faciles à poursuivre

lue h» saines recherches.

^^ «p- Positivisme et catholicisme. Le nouveau pouvoir spirituel sera supérieur à V ancien.

Pojor sentir, à cet égard, la supériorité spontanée du nouveau spiritualisme, il suffirait de remarquer que l-ioicien se trouvait radicalement privé de cette salutaire ^iqiiulsion, par le célibat sacerdotal, d'ailleurs indispen- «uble au système catholique. Car, l'influence féminine se pouvait ainsi s'exercer qu'en dehors delà corporation ^irituelle, sans perfectionner directement ses propres 4iembres, comme l'énergique satire d'Ârioste l'a juste- 'ittient signalé. Sauf les cas exceptionnels, on ne devait ^point compter sur l'efficacité morale des affections con- ' iraires à la règle, puisque leur réaction sacerdotale était nécessairement corruptrice, en suscitant une hypocrisie habituelle.

Mais la comparaison directe des deux spiritualités, quant à leur caractère fondamental , montre encore mieux combien la nouvelle sera plus propre que l'ancienne à développer dignement, dans toutes les classes, l'influence morale des femmes.

Le principe a(Tecti( du positivisme est, en effet, nécessairement social, tandis que celui du catholicisme ne put être qu'essentiellement personnel. Chaque croyant y poursuivait toujours un but purement individuel, dont l'incomparable prépondérance tendait à comprimer toute affection qui ne s'y rapportait pas, A la vérité, la sagesse sacerdotale, digne organe de l'instinct public, y avait intimement rattaché les principales obligations sociales, à titre de condition indispensable du salut personnel. Mais cette excitation indirecte ne fournissait une issue régulière â nos meilleurs sentiments qu'en altérant beaucoup leur spontanéité, et même leur pureté. La récompense infinie, promise ainsi à tous les sacrifices, ne pouvait jamais permettre une affection pleinement désintéressée, qui eut exigé une renonciation impossible, et d'ailleurs sacrilège, à une inévitable perspective, dont la personnalité nécessaire venait souiller tout dévouement spontané. C'est d'un tel régime qu'est sortie une ignoble théorie morale, devenue si dangereuse entre les mains des métaphysiciens, qui conservèrent son vicieux principe en annulant ses correctifs théologiques. En appréciant même la plus parfaite pureté que comportât réellement l'amour de Dieu, on reconnaît que ce sentiment ne pouvait être social que d'une manière indirecte, par l'identité du but ainsi assigné à tous les cœurs. Mais, au fond, son caractère propre était tellement égoïste, que sa prépondérance exigeait, comme type de la perfection, le sacrifice complet de toute autre affection quelconque. Cette tendance est très appréciable chez les plus éminents organes de l'esprit et du sentiment chrétiens. Elle se manifeste surtout dans l'admirable poésie (1) de ce moine, aussi tendre que sublime, qui a le mieux caractérisé l'idéal catholique. Ma méditation journalière de cette com-

(1) L'ImilaUon de Jésus-Christ {Noie des édit.).

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