‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 128 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

d'aimer que d!être aimé. Quoiqu'une telle appréciation doive aujourd'hui sembler eicaltée, elle est directement conforme à notre véritable nature, toujours mieux ^ectée comme active que comme passive. Or, le bonheur d'être aimé ne peut jamais être exempt d'un retour égoïste : comment ne serions-nous pas fiers d'avoir obtenu l'attachement de la personne que nous préférons à toute autre? Si donc aimer nous satisfait mieux, cela constate la supériorité naturelle des affections pleinement désintéressées. Notre infirmité radicale consiste surtout en ce qu'elles sont spontanément beaucoup trop inférieures aux penchants égoïstes, indispensables à notre conservation. Mais, quand une fois elles ont été excitées, même diaprés un motif d'abord personnel, elles tendent à se développer davantage, en vertu de leur propre douceur. Chacun de nous y est d'ailleurs invité et secondé par tous les autres, qui, au contraire, compriment nécessairement ses impulsions égoïstes. On conçoit ainsi comment, sans aucune exaltation exceptionnelle, le régime positif pourra systématiser ces tendances naturelles, de maoière à imprimer à nos instincts sympathiques une activité habituelle qu'ils ne pouvaient avoir jusqu'ici. Une fois dégagé de l'oppression théologique et de la sécheresse métaphysique, notre cœur sent aisément que le bonheur réel, tant privé que public, consiste surtout à développer autant que possible la sociabilité, en n'accordant à la personnalité que les satisfactions indispensables, à titre d'infirmités inévitables. C'est ainsi que le positivisme convient directement à tous les êtres et à toutes les situations. Dans les moindres relations, comme ^vers les plus précieuses, l'humanité régénérée pratiqpiera bientôt cette évidente maxime : donner vaut mieux Kjue recevoir.

A son tour, cette excitation continue du cœur exercera ^ur l'esprit une heureuse réaction, spécialement confiée

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