DISCOURS SL'H L ENSEMBLE
aux femmes. Je l'ai assez caractérisée déjà pour être îc!''" dispensé d'y insister davantage, puisque le sentiment m'a seul fourni le vrai principe de toute la systématisation positive, même mentale. L'unique remarque que je doive maintenant ajouter à ces indications fondamentales, concerne l'admirable aptitude d'une telle marche à surmonter aisément les plus liautes difficultés philosophiques. Au nom du cœur, on peut imposer aussitôt à l'esprit un régime scientifique dont il contesterait longtemps la convenance, si elle ne lui était signalée que par un examen rationnel. Qu'on tente, par exemple, de démontrer à un pur géomètre, même éminent et consciencieux, la supériorité logique et scientifique des spéculations sociales sur toutes les autres contemplations réelles, on ne le convaincra qu'après de longs efforts, qui auront épuisé ses facultés inductives et déductives. Au contraire, le sentiment indiquera directement, au prolétaire ou à la femme sans culture, la vérité de ce grand principe encyclopédique, dont leur raison fera aussitôt d'activés applications familières. C'est seulement ainsi que les hautes notions philosophiques peuvent vraiment prévaloir partout, et qu'on peut obtenir de tous les études Indispensables à leur efficacité sociale. L'instinct sympathique est encore plus propre à exciter activement l'esprit d'ensemble qu'à en subir dignement la juste influence. Aussi, quand l'éducation positive aura prévalu, les conditions morales seront fréquemment invoquées comme garanties de la véritable aptitude intellectuelle. La sagesse révolutionnaire de la Convention pressentit, à sa manière, une telle solidarité, enosant placer quelquefois les titres républicains au-dessus des épreuves scientifiques. Quoiqu'une semblable pratique devint aisément illusoire, et même abusive, tant que la morale universelle n'est pas systématisée, le reproche de tendance rétrograde conviendrait davantage à l'usage actuel, qui ne fait nulle-