‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 130 sur 225 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

ment concourir le cœur aux garanties professionnelles, toujours demandées uniquement à l'esprit. Mais ces aberrations s'expliquent historiquement, par la nature oppressive dés seules croyances qui aient pu jusqu'ici présider à la culture directe du sentiment. Le fatat-antagonisme qui dure, depuis la fin du moyen âge, entre l'esprit et le cœur, ne peut trouver d'issue que dans le régime positif; aucun autre n'est capable de subordonner dignement la raison au sentiment, sans nuire à leur propre essor, comme je l'ai établi au début de ce Discours. Dans sa vaine suprématie actuelle, l'esprit est, au fond, notre principal perturbateur. Il ne peut devenir vraiment organique qu'en abdiquant au profit du cœur. Mais cette abdication ne comporte d'efficacité qu'à la condition d'être parfaitement libre. Or, le positivisme est seul susceptible d'un tel résultat, parce qu'il le fonde sur le principe même que la raison invoque à l'appui de ses prétentions, la démonstration réelle, que Tesprit ne saurait récuser sans avouer sa personnalité. Tout autre remède, théologique ou métaphysique, augmenterait nécessairement le mal, en provoquant aussitôt l'intelligence à de nouvelles insurrections contre le sentiment.

• 98. — Affinités de la femme pour le positivisme.

Meilleurs juges que nous dans l'appréciation morale, les femmes sentiront, à ces divers titres,: que la supériorité affective du positivisme, envers les autres philosophies quelconques, est encore plus prononcée que sa prééminence spéculative, désormais incontestable. Elles parviendront bientôt à cette conclusion, quand elles auront cessé de confondre la nouvelle philosophie avec son préambule scientifique.

Quoique leur esprit soit moins aple que le nôtre aux inductions très générales et aux déductions fort prolon-

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