Le catholicisme a purifié Vamour au détriment
de la tendresse.
' Mais cette indispensable assistance dépendra davantage des sympathies morales que des affinités inteiléctaelleSy aussitôt que les femmes apprécieront directement le positivisme, d'après sa supériorité afifective sur le catholicisme du moyen âge. Le cœur alors les poussera surtout vers la seule philosophie qui systématise, dignement l'universelle prépondérance du sentiment. Aucun l'Orne ne peut leur inspirer autant d'attrait que celui qui les représente comme la personnification spontanée ' du vrai principe fondamental de l'unité humaine/ ainsi placée sous leur garantie spéciale. Si elles semblent aujourd'hui regretter le passé, c'est uniquement faute de trouver ailleurs la juste satisfaction de leurs précieux instincts sociaux. Le caractère général du régime catholique convient, au fond, encore moins au sentiment féminin qu'à la raison masculine, car il choque directement l'attribut dominant du cœur de la femme. Dans la prétendue perfection morale du christianisme, on a toujours confondu la tendresse avec la pureté. A la vérité, i'amour ne saurait être profond s'il n^est pas pur. Mais c'est en ce seul sens que le régime catholique favorisa l'essor de la véritable passion, tandis que le polythéisme i^onsacrait surtout les appétits. Le christianisme a d'ailleurs trop prouvé que la pureté, pousisée même jusqu'au fanatisme, peut exister sans aucune tendresse. Telle est -^ujotird'hui sa principale efficacité féminine, depuis que l'impulsion chevaleresque ne corrige plus l'austérité -ci^hrétienne. Au fond, le régime polythéique était beau- *C20up plus favorable à la tendresse, quoiqu'elle y man- -cjoftt de pureté. La systématisation catholique des senti- «uents avait pour centre une afTection radicalement égoïste, qui choquait surtout les meilleurs penchants du
DISCOURS SUR LENSEMBLE
cœur fémiain. Outre que l'amour divîa y poussait cuti à l'isolement monastique, sa prépondérance él dirpclemenl opposée à la tendresse mutuelle. Forcé d'aimer sa dame à travers son Dieu, le chevalier ne pouvait suivre alignement, sans une contradiction sacrilège, les meilleures inspirations de son cœur, toujours amorties par une telle interposition. Ainsi, loin d'être vraiment intéressées à la perpétuité du régime ancien, les femmes se sentiront bientôt poussées spécialement à son irrëvooable désuétude, au nom même de leurs sentiments caractéristiques. Cette inévitable tendance se manifestera quand les conditions morales, naturellement placées sous leur juste sollicitude, ne seront plus compromises par une sociabilité toute matérielle. Or, le positivisme offre pleinement, à leur cœur encore mieux qu'à lenr esprit, cette indispensable garantie. D'après une profonde connaissance de notre vraie nature, il peut seul combiner dignement la naïve tendresse du polythéisme avec la précieuse pureté du catholicisme, sans craindre les diverses perturbations sophistiques propres à l'anarchie actuelle. En subordonnant l'une à l'autre ces deux qualités fondamentales du cœur féminin, il n'hésitera pointa placer la tendresse au-dessus de la pureté, comme se rapportant mieux au vrai but général du perfectionr»-*ment humain, la prépondérance de la sociabilité sur ^* personnalité. Toute femme sans tendresse constitue a ^'^ monstruosité sociale, encore plus que tout homme s^ ^ courage. Kût-elle d'ailleurs beaucoup d'intelligence, ^ même d'énergie, son mérite ne pourra dès lors qu'ab(^^° lii', d'ordinaire, à son propre détriment et à celui d'i^»-" trui, k moins d'être annulé par une discipline théo^- " ^iquc. Son caractère ne lui inspirera qu'une vaine insi^''^ rection contre toute autorité réelle et son esprit ne cupera qu'à forger des sophismes subversifs, com»^* notre anarchie le montre trop souvent.