Influence de la femme sur les prolétaires
et sur les philosophes.
D'après l'ensemble de la théorie précédente, le régime poisitif offre donc aux femmes une noble destinatiop sociale, à la fois publique et privée, pleinement conforme à leur vraie nature. Sans sortir de la famille, elles doivent, à leur manière, participer au pouvoir modérateur avec les philosophes et les prolétaires, en renonçant, encore mieux qu'eux, à tout pouvoir directeur, thème domestique: Elles constituent, en un mot, les prêtresses spontanées dé l'Humanité, comme l'indiquera davantage la fin de ce Discours. Leur otlice consiste surtout à cultiver directement le principe affectif de l'unité humaine^ dont elles offrent spécialeinent la plus pure personnification.
A ce titre, leur influence publique doit s'étendre à toutes les classes, pour y rappeler toujours la prépondérance fondamentale du sentiment sur la^ raison et sur l'activité. J'ai assez indique comment elles réagiront ainsi envers les philosophes, qui, à moins d'être indignes de leur propre mission, sentiront le besoin personnel 3'àller souvent retremper leur âme à cette source spontanée de la vraie sociabilité, afin de mieux combattre la sécheresse et la divagation qui tendent à résulter de leurs habitudes. Le sentiment, quand il est pur et profond, rectifie de lui-même ses abus naturels, parce qu'ils nuisent nécessairement au bien qu'il poursuit toujours. MaiSy au contraire, les abus de là raison et ceux de l'activité ne peuvent être signalés, et surtout corrigés, que par l'amour, qui seul en souffre directement. De là résulte un devoir naturel dé douce remontrance habituelle de l'élément féminin envers lesdeuxaiitreséléments tiu' pouvoir modérateur, pour les ramener au principe fohdamental, confié à sa garde spéciale, en redressant, oliez chacun d'eux, les vices auxquels il est enclin.
DISCOLKS SLK 1. 1
Quant auK prolétaires, cette inflaence féminiae ut donc destinée surtout ii combattre leur tendance spiHLtanée à abuser de leur énergie caractéristique R&n d'obtenir par la violence ce qu'ils devraient attendre d'un libre assentiment. Malgré les dilTicaltés d'une telle mission, les femmes y trouveront moins d'obstacles qa'k rectifier chez les philosophes l'abus du raisonnement. Il y a peu d'exemples jusqu'ici de philosophes ainsi détournés d'argumenter quand il faut sentir. Au contraire, quoique l'action féminine ne soit aujourd'hui nullement systématisée, elle redresse fréquemment, dans le peuple, l'abus de l'énergie. Celte différence tient, sans doute, à l'absence actuelle de vrais philosophes, puisqu'on ne peut qualifier ainsi de vains sophistes et rhélears, psychologues ou idéologues , incapables d'aucune méditation réelle. Mais, en outre, il faut surtout l'attribuer au caractère dominant de chaque classe. L'orgueil doctoral sera toujours moins disposé que la violence populaire à rei'ficacilé du correctif féminin ; car le prolétaire est mieu?( animé que le philosophe par le principe affectif, dont l'invocation directe constitue la seule arme des femmes. Un sophisme leur offre beaucoup plus d'obstacles qu'une passion. L'influence féminio^ dignement suhie par l'instinct prolétaire, constitue réW" lemcnt notre principale garantie contre les ûnmeiï*** perturbations sociales que semble devoir susciter l'at»*'" chie actuelle des intelligences. Quoique l'esprit ne pui*** rectifier des sophismes subversifs, le cœur sait a*^"* préserver des désordres qu'ils provoquent, L'admir»* inconséquence dont j'ai lëlicilé nos communistes ^^ offre une preuve décisive. Au milieu d'aberrations tl»**'' riques qui tendent involontairement à dissoudre o** * paralyser la société, de nombreux prolétaires nous *^*' frent ainsi le speclacle journalier d'une tendre véné*"*" tion pour les femmes, qui n'a d'équivalent chez aucU*'*