QUATRIÈME PARTIE
autre classé actuelle. Il importe d'insister sur ces heureux exemples^ non seulement pour rendre justice à une secte mal appréciée, mais surtout afin de sentir les grandes ressources morales que nous promet Ta venir normal,: d'après ces manifestations spontanées d'un état annrehique. Les prédications doctorales n*ont eu, certes, aucune part à ce précieux résultat, qu'elles tendent plutôt à empêcher, en fortifiant, par d'absurdes réfutations, les aberrations même qu'elles attaquent. Nous en sommes entièrement redevables au sentiment populaire, dignement excité sous l'impulsion spontanée des femmes. Les populations protestantes, où. leur influence est moindre, sont aujourd'hui plus exposées aux ravages pratiques du communisme métaphysique. Aux femmes surtout nous devons aussi le peu d'atteintes réelles qu'éprouve la constitution de la famille humaine, malgré un républicanisme profondément rétrograde, qui rêve, comme type de la sociabilité moderne, l'absorption exceptionnelle de la famille par la patrie chez quelques antiques peuplades.
Cette heureuse tendance à la rectification pratique de toutes les aberrations morales est tellement propre aux femmes qu'elle s'étend même à des séductions systématiques que la grossièreté masculine juge irrésistibles. Les funestes effets du divorce sont atténués, depuis trois siècles, dans l'Allemagne protestante, par les répugnances spontanées de l'instinct féminin. C'est ainsi que se trou* ^Tcnt contenues aujourd'hui les atteintes encore plus profondes dont l'institution fondamentale du mariage est menacée, d'après les facilités que nob'e anarchie offre à l'esprit métaphysique pour rajeunir se$ affttqiies divagations. Aucun de ces rêves n'a pu sérieusei|(|i|iA réussir parmi les femmes, quoique tous semblassent krés propres à les séduire. Dans leur impuissance à réfuter de tels sophis^ies, que la vraie science sociale peut seule résoii*
dre, nos docteurs anarchiques se persuadent aisément que la raison féminine y devra succomber. Mais heureusement les femmes, comme les prolétaires, ne jugent alors que par le sentiment qui les guide bien mieux qu'une intelligence dépourvue maintenant.de tout principe propre à prévenir ou à corriger ses imminentes aberrations.
Il serait ici superflu d'insister davantage. sur de telles indications poiir caractériser l'aptitude naturelle des femmes à rectifier partout les désordres moraux.propres à chaque élément social. Si cette. précieuse influence est déjà très efficace sous la seule impulsion spontaaée du cœur, elle doit acquérir beaucoup plus de consistance, et même d'extension, avec l'assistance systématique d'uqe philosophie réelle, qui écartera tous les sophismes, et dissipera toutes les incohérences, dont le pur instinct ne peut nous préserver assez.
Ainsi l'influence des femmes sur la vie publique ne doit pas être uniquement passive, pour accorder leur indispensable consécration à la véritable opinion commune, formulée par les philosophes, et proclamée par les prolétaires. Outre cette participation continue^ individuelle ou collective, elles doivent donc exercer une active intervention morale, afin de rappeler partout le principe fondamental dont elles seront toujours les meilleurs organes spontanés après en. avoir fourni la source initiale. Mais, pour achever de caractériser ce double office public, il importe de remarquer sa conciliation naturelle avec la condition nécessaire qui leur prescrit toujours une existence essentiellement domeçtique.
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