Le salon permet à la. femme d'exercer
son influence sociale,
La civilisation occidentale a trouvé^ depuis longtemps, une issue spontanée à cette apparente contradiction, que les anciens devaient juger insoluble, et qui, e^ effet, subsiste encore partout ailleurs. Quand les mœurs du moyen âge eurent assuré aux femmes une juste liberté intérieure, l'Occident vit bientôt surgir d*heureuse;s réunions volontaires, où la vie .publique se mêla intimement à la vie privée, sous la présidence féminine. Développés^ surtout en France, pendant la longue transition moderne, ces laboratoires périodiques die l'opinion spontanée semblent aujourd'hui fermés ou dénaturés, par suite de notre anarchie mentale et morale, qui ne permet aucun libre échange habituel des sentiments et des pensées, Mais un usage aussi social, qui naguère seconda beaucoup le. mouvement philosophique d'où résulta la grande crise, ne ^aurait ainsi disparaître dans un milieu où la vraie sociabilité tend, au contraire, à mieux prévaloir. Il reprendra une extension plus vaste et plus décisive, à mesure que la nouvelle philosophie ralliera les esprits et les cœurs.
Tel est le mode natu|*el qui convient seul à l'exercice public de l'influence féminine, là dignement prépondérante^ avec le plein assentiment de toutes les autres. Quand les salons seront ainsi réorganisés, ils perdront leur ancien caractère aristocratique, désormais devenu profondément rétrograde. Le salon positiviste, toujours présidé par la femme, complétera le système dé réunions habituelles propre aux trois éléments généraux du pouvoir modérateur. Ils seront d'abord assemblés solennellement dans les temples de l'Humanité, où président nécessairement les philosophes, tandis que la participation des femmes, comme celle des prolétaires, y doit
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surtout rester passive. Aux clubs, où l'éléraent populaire domine naturellement, les deux autres viendroat e«core se joindre à lui, par une assistunce sympathique mais silencieuse. Enfin, les salons féminins développeront une intimité plus active et plus familière entre les trois puissances modératrices, qui d'ailleurs y accueilleront cordialement les influences directrices dignes d'un tel ensemble. C'est là surlout que les femmes feront librement prévaloir leur douce discipline morale, pour réprimer, à l'état naissant, toutes les impulsions vicieuses ou abusives. Un avis indirect, mais opportun et affectueux, y détournera souvent le philosophe d'une ambition fourvoyée ou d'une orgueilleuse divagation. Les cœurs prolétaires s'y purifieront habituellement des germes renaissants de violence ou d'envie, sous une irrésistible sollicitude, dont ils apprécieront la sainteté. D'après une délicate répartition de l'éloge et du blâme les mieux appréciés, les grands et les riches viendront y sentir sincèrement que toutes les supériorités quelconques sont moralement destinées au service contiau des infériorités.
102. — L'action principale de la femme s'exercera lonJQurs dans la famille.
Quelle que soit l'importance réelle de l'office public ainsi réservé aux femmes dans le régime final de Thumanilé, leur noble destination sociale est surtout caractérisée par leur auguste vocation domestique, source naturelle de toute leur influence comme premier élément nécessaire du pouvoir modéraleur. Aucune philosophie actuelle ne peut dignement consacrer celte base spontanée de notre vraie sociabilité. La métaphysique a étendu jusque-là son analyse corrosive, sans que ses sophismes soient aujourd'hui rationnellement réfutables.