QUATRIÈME PARTIE
Mais les dogmes domestiques ne souffrent pas moins de l'empirisme théologique^ s'obstinant à les retenir sous la désastreuse protection de croyances déchues qui, depuis longtemps, compromettent tout ce qu'elles garaii'tissaient jadis. Les chants licencieux des troubadours nous attestent que> dès la fin du moyen âge, les vaines protestations du sacerdoce étaient impuissantes contre les graves atteintes qu'une critique superficielle apportait déjà à la sainteté du lien conjugal. Ces réclamations purent encore moins empêcher ensuite le scandaleux accueil qu'obtinrent partout ces frivoles . maximes de l'immoralité privée, publiquement applaudies, même devant les rois. Rien n'est donc plus choquant que l'aveugle prétention de la théologie à conserver la tutelle des dogmes domestiques, qu'elle n'a pu préserver d'une discussion anarchique, et qui ne sont vraiment soutenus, chez les modernes, que par un heureux'instinct public, surtout féminin. Sans aucune autre sanction systématique qu'une ridicule fiction sur l'origine physique de la feimoÇ) coniment auraient-ils résisté à de spécieux sophiames, quand l'autorité qui les consacrait fut ellemême discréditée ? Désormais la philosophie positive p€|i4 seule les garantir à la fois contre la dissolution nn^taphysique et contre l'impuissance théologique, par lei|r Itoison inaltérable à l'ensemble des lois réelles de notre aature, personnelle et sociale. Cette relation sera dognuatiquement établie dans le second volume du nouveau traité dont ce Discours est seulement le prélude systématique. Forcé ici de me borner à une sommaire indication sur ce sujet fondamental, j'espère du moins qu'elle caractérisera l'aptitude décisive du positivisme à réorganiser enfin la vraie moralité.
Une grossière appréciation, brutalement formulée par le héros rétrograde, semble aujourd'hui ne reconnaître à la femme d'autre vocation nécessaire que sa seule des-
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tination animale, d'où beaucoup d'utopistes détacheraient même l'éducation des petits, alors abandonnés à l'abstraite sollicitude de la patrie. La théorie positive dn mariage et de la famille consiste surtout à rendre le principal office féminin pleinement independant.de. toute fonction propagatrice, pour le fonder directement sur les plus éminents attributs de notre nature.
Malgré l'importance morale de la maternité, une équi- * voque décisive témoigne que l'instinct public regarde lafemme comme essentiellement caractérisée par sa voca* tion d'épouse. Outre que le mariage humain est souvent stérile, une indigne épouse ne peut être presque jamais une bonne nière. C'est donc, à tous égards, comme simple compagne de l'homme, que le positivisme doit surtout apprécier la femme, en écartant d'abord tonte fonction maternelle.