‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 137 sur 225 · Lépouse · texte numérisé non relu

Lépouse

Ainsi conçu, le mariage constitue le degré le pluà élémentaire et le plus parfait de la vraie sociabilité, qui ne peut parvenir en aucun autre cas à une pleine îdéntifi"" cation. Dans cette union, dont toutes les langues civi^l" àées témoignent l'excellence, le plus lioble but de la ^^ humaine se trouve atteint autant qu'il puisse rétre- *^ positivisme représente notre existence comme vouée *^ perfectionnement universel, et il élève au premier r^^» le perfectionnement moral, caractérisé surtout pair ^* subordination de la personnalité à la sociabilité. Or^ ^ principe incontestable, spécialement indiqué dans seconde partie de ce Discours, conduit aussitôt à la vr** théorie du mariage, de manière à interdire toute aberi^ tion et toute incertitude.

En effet, les diCFérences naturelles des deux sexes, he«^" reusement complétées par,leurs diversités sociales, rd^

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dent chacun d'eux indispensable au perfectionnement moral de l'autre. Chez l'homme, dominent évidemment lés qualités propres à la vie active, avec l'aptitude spé* culative qui éh est inséparable. Au contraire, la femme est surtout vouée à la vie affective. L'une est supérieure en tendresse, comme l'autre pour tous les genres de forces. Nulle intimité ne peut se comparer à celle de deux êtres aussi disposés à se servir et à s'améliorer mutuelle^ ment, à Tabri de toute rivalité habituelle. La source pleinement volontaire de leur union la fortifie par un nouvel attrait, quand les choix sont heureusement faits et dignement acceptés. Telle est donc, dans la théorie positive, la principale destination du mariage : compléter et consolider l'éducation du cœur, en développant les pins pures et les plus vives de toutes les sympathies humaines.

Sans doute, le sentiment conjugal émane d'abord, surtout chez l'homme, d'un instinct sexuel qui est purement égoïste, et sans lequel, pourtant, l'affection mutuelle aurait, d'ordinaire, trop peu d'énergie. Mais le cœurplus aimant de la femme a beaucoup moins besoin, en général, de cette grossière excitation. Dès lors, sa pureté supérieure réagit heureusement pour ennoblir l'attachement masculin. La tendresse est, en elle-même, si douce à éprouver, que, quand elle axommencé sous une impulsion quelconque, elle tend à persister par son propre diarme, après la cessation de la stimulation initiale. Alors l'union conjugale devient le meilleur type de la véritable amitié, qu'embellit une incomparable possession mutuelle. Car l'amitié ne peut être complète que d'an sexe à l'autre, parce que là seulement elle se trouve exempte de toute concurrence actuelle ou possible. Aucune autre liaison volontaire ne comporte une pareille plénitude de confiance et d'abandon. Telle est donc la seule source où nous puissions goûter entièrement le vrai

bonheur humain, consistant surtout à vivre pour a

Mais, outre sa propre valeur, celte sainte uniou prend une nouvelle importance sociale, comme première base indispensable de l'amour Sniversel, but définitif de notre éducation morale. J'ai indiqué, dans la seconde partie, combien est fausse et dangereuse l'opposition que tant de prélendus socialistes voient aujourd'hui entre ces deux termes extrêmes de l'évolution du cœur humain. Celui qui ne put s'attacher profondément à l'être qu'il avait choisi pour la plus intime association paraîtra toujours fort suspect dans le dévouement qu'il étale envers une foule inconnue. Notre cœur oe pei s'affranchir dignement de sa personnalité primitive* par la seule intimité qui soit complète et durable, à raj même de sa destination exclusive. Quand il a fait ce 1 décisif, il s'élève graduellement à une sincère univeq Hté d'afTcclion habituelle, propre à modiSer activera la conduite, quoique avec une énergie décrolssantl mesure que le lien s'étend. L'instinct public sent i cette sotidarilé nécessaire, clairement indiquée parj vraie théorie de la nature humaine, qui la mettra défîabtivvment & l'abri de toute atteinte métaphysique. Plus l'empire moral de la femme deviendra systématiq ue, d'Qprë* l'Impulsion positiviste, mieux on apprécien profonde sagesse de l'usage vulgaire qui chercha 1 jours (Iqiik la vie privée les meilleures garanties de la publique, L'un des signes les moins équivoques de l'u ver>ellfl décomposition morale inhérente à notre î chie mentale ressort de la honteuse législation non ail géo encore, suivant laquelle, il y a trente ans, toutel privée fut murée en France par des psychologues « sans doule, avaient besoin d'un tel mur.

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