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La femme doit recevoir la niême éducation

que Vhomme,

Pour achever de caractériser la condition sociale des femmes sous le régime positif, il suffit d'indiquer, d'après la même théorie, la nature de leur éducation.

Leur office fondamental dissipe, à cet égard, toute incertitude, en manifestant l'obligation d'étendre aux deux jsexçs, d'une manière presque uniforme, le système d'éduoatiou générale ci-dessus destiné aux prolétaires. Ce système étant dégagé de toute spécialité, convient autant à l'élément sympathique du pouvoir modérateur

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DISCOURS SL'H LENSEMBI.E

qu'à l'élément syDergique, même quant aux éludes scientifiques. Si, envers les prolétaires, nous avons reconnu combien est indispensable la saine tbéorie historique, une pareille nécessité s'étend aussi aux femmes, aSn d'y développer dignement le sentiment social, toujours imparfait tant que la continuité n'y complète pas la solidarité. Or, en appliquant aux deux sexes le besoin d'une telle étude, et de la systématisation morale qui en résulte, on n'y peut méconnaître une égale urgence de la prépa- Tation scientifique qu'elle suppose, et qui d'ailleurs offre directement à tous une importance équivalente. Ënfint puisque les femmes doivent présider à toute l'éducation spontanée, il faut qu'elles aient aussi participé à l'édncation systématique qui en constitue l'indispensable complément. Il n'y a de vraiment particulière aux hommes que ce qu'on nomme l'éducation professionoelle, que nous avons reconnue ne comporter finalement aucune organisation propre, en tant qu'elle doit surtout résulter d'un judicieux exercice, succédant à un sage essor théorique. Les femmes auront donc, comme les philosophes, la même éducation que les prolétaires. Toutefois, en proclamant cette égale participation des deux sexes, je suis loin de penser, avec mon illustre précurseur Condorcet, que leurs leçons publiques doivent être simultanées. L'appréciation morale, qui doit toujours prévaloir, interdit hautement un tel mélange, comme également funeste aux deux sexes. C'est au temple, au club, et au salon, qu'ils devront se joindre librement, pendant toute leur carrière. Mais, à l'école, ces contacts prématurés empêcheraient chacun d'eux de développer son propre caractère, outre l'évidente perturbation qu'en éprouveraient leurs études. Jusqu'à ce que, de part et d'autre, les sentiments soient assez formés, il importe beaucoup que leurs relations restent partielles et circonscrites, sous la constante surveillance des mères.

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Néanmoiiit, oette Dfbtigation de sépàrar les leçons pabliqaes des 4eax sexes, qnoiqae les études y soient les mêmes, ne doit nullensent conduire à instituer pour les leasmes des profissseurs spéciaux. Une teUe institutiéfkf outre ses inconvénients financiers, tendrait surtout à dénaturer l'éducation féminine, en suscitant un préj%igé inévitable sur l'infériorité de ses organes propres. Pour que l'instruction fondamentale soit vraiment la même chez les deux sexes, il faut que les professeurs "éoient communs, malgré la séparation des leçons. Le plan indiqué dans la troisième partie de ce Discours con- (éitie aisément ces deux conditions, en n'astreignant chaque philosophe qu'à une seule séance hebdomadaire, ou quelquefois deux. Un tel service peut être facilement •doublé, sans atteindre encore aux misérables corvées des maîtres actuels. Chaque philosophe y devant d'ailleurs parcourir successivement les sept degrés annuels de l'enseignement positif, l'obligation d'enseigner séparément les deux sexes pourrait s'y régler de manière à dispenser le professeur de toute fastidieuse répétition. Au Teste, les hommes distingués qu'on chargerait toujours de ce double office seraient bientôt éclairés, par Texpéjrience, sur la diversité didactique correspondante à la différence naturelle des auditoires, sans cependant altérer jamais l'homogénéité nécessaire des méthodes et des .doctrines.

En rehaussant, aux yeux de tous, la dignité des études féminines, cette identité d'organes doit aussi exercer une heureuse réaction sur le caractère intellectuel et moral des fonctionnaires philosophiques. Ils seront ainsi mieux détournés des spécialités oiseuses, et spontanément ra- ' menés aux vues d'ensemble. La subordination fondamentale de l'esprit envers le cœur leur deviendra aussi -plus familière, en fréquentant à la fois les natures les -plus rationnelles et les plus sentimentales. Cette égale

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destination aux deux sexes complétera l'universalité encyclopédique des nouveaux philosophes- Ainsi forcés de traiter pareillement tous les divers ordres de conceptions réelles, çt d'intéresser également deux auditoires aussi différents, il faudra bien que leur mérite personnel soit au niveau de leur office social. Mats, en même temps, lensemble de ces conditions tend tellement à diminuer leur nombre, qu'on pourra trouver assez d'hommes distingués pour réaliser un tel plan, quand leur recrutement sera sagement institué et leur existence matérielle dignement garantie. N'oublions pas d'ailleurs que leur corporation doit être occidentale, et nullement nationale; en sorte que les fonctionnaires positivistes changeront encore plus souvent leurs résidences que ne le firent, au moyen âge, les dignitaires catholiques. En combinant toutes ces considérations, on reconnaîtra bientôt que l'éducation positive peut être largement organisée, chez les deux sexes, pour tous les habitants de l'Occident, sans exiger l'équivalent des dépenses inutiles, ou plutôt nuisibles, qu'entraine aujourd'hui le seul clergé anglican. Chaque fonctionnaire philosophique trouverait pourtant une digne existence matérielle, quoique aucun ne fût jamais dégradé par la richesse. Un corps de vingt mille philosophes suffirait aujourd'hui, et probablement toujours, à tous les besoins spirituels des cinq populations occidentales, puisqu'il permettrait d'instituer, sur deux mille points du territoire positiviste, le système complet de l'enseignement septennaire. L'intluencedes femmes et celle des prolétaires ne peuvent jamais devenir assez systématiques pour dispenser aucunement de l'intervention philosophique. Cependant leur incorporation croissante à l'ensemble du pouvoir modérateur diminuera l'extension ultérieure de la classe purement spéculative, que le régime théologique malti^ plia beaucoup trop. Le privilège de l'aisance sans pro-

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