‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 21 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

normal de Thumanité. Quand nous avons coordonné toutes les lois abstraites des divers modes généraux d'activité réelle, Tappréciation effective de chaque système particulier d'existence cesse aussitôt d'être purement empirique, quoique la plupart des lois concrètes nous restent encore inconnues. Cela est surtout sensible envers le cas le plus difficile et le plus important : car il nous suffit, évidemment, de connaître les principales lois, statiques et dynamiques, de la sociabilité, pour systématiser convenablement toute notre existence publique et privée, de manière à perfectionner beaucoup l'ensemble de nos destinées. Si la philosophie atteint un tel but,ce qui déjà n'est plus douteux, on devra peu regretter qu'elle ne puisse assez expliquer tous les régimes sociaux que le temps et l'espace présentent à nos contemplations. Disciplinée par le vrai sentiment, la raison moderne saura désormais régler sagement une curiosité indéfinie, qui consumerait en recherches oiseuses les faibles puissances spéculatives d'où l'humanité tire ses plus précieuses ressources dans sa lutte si difficile contre les vices de l'ordre naturel. La découverte des principales lois concrètes pourrait, sans doute, contribuer beaucoup à l'amélioration de nos destinées extérieures et mêmes intérieures ; c'est surtout dans ce champ que notre avenir scientifique compoiie une ample moisson. Mais leur connaissance n'est nullement indispensable pour permettre aujourd'hui la systématisation totale qui doit remplir, envers le régime final de l'humanité, l'office fondamental qu'accomplit jadis la coordination théologique envers le régime initial. Cette inévitable condition n'exige certainement que la simple philosophie abstraite ; en sorte que la régénération resterait possible, quand même la philosophie concrète ne devrait jamais devenir satisfaisante.

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