Culte des grands hommes. Calendrier positiviste
Quant aux fêtes dynamiques, destinées à célébrer le progrès, leur ensemble doit représenter l'histoire comme l'autre la morale. Le culte esthétique de l'Humanité y devient plus concret et plus animé, consistant surtout à glorifier les meilleurs types individuels des diverses phases de la grande évolution. Cependant il faut aussi que les principaux degrés de la progression sociale soient abstraitement célébrés, indépendamment de toute commémoration personnelle. En y consacrant les mois restés étrangers au culte statique, quatre fêtes équidistantes glorifieraient les trois grandes phases du passé» fétichique, polythéique et monothéique, pour aboutir à la fête de l'avenir, terme normal d'une telle célébration.
La chaîne générale des temps étant alors constituée, chaque mois serait consacréàl'un des principaux représentants des diverses évolutions du Grand-'Étre. Mais je ne dois pas reproduire ici les indications spéciales que contenait, à cet égard, l'édition partielle de ce Discours, et où je n'avais pas encore distingué sufQsamment le culte concret du culte abstrait. Quelques mois après, l'urgence de notre situation républicaine me conduisit à instituer déjà, sous le nom de Calendrier positiviste, un système complet de commémoration occidentale, dont l'exposition dogmatique appartiendra naturellement au dernier volume du présent traité. Le succès de cet opuscule séparé a pleinement confirmé l'opportunité d'une telle anticipation, à laquelle je dois ici renvoyer le lecteur, en l'invitant à se familiariser ainsi avec la constitution provisoire de la nouvelle année occidentale, usitée maintenant chez la plupart des positivistes.
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ensuite des divers arts spéciaux relatifs aux sons ou aux formes. L'expression dominante sera toujours celle d'une sincère appréciation motivant une profonde gratitude, sans mystère ni affectation. En s'efforçant de surpasser tous leurs ancêtres, les populations régénérées sauront honorer leurs services quelconques et respecter leurs divers régimes. Des chimères, jadis consolantes, mais aujourd'hui dégradantes, ne détourneront plus chacun de se lier autant que possible au Grand-Être dont il aspire à faire partie. Le système de commémoration sera surtout destiné à développer chez tous le désir naturel d'éterniser notre existence par l'unique voie qui nous appartienne réellement. Quand une même loi fondamentale embrasse familièrement l'ensemble des rapports humains, chacun est appelé à vivre, d*une vie véritable, dans le passé, et même dans l'avenir, interdite à ceux qui attribuent nos phénomènes à des volontés impénétrables. La noble émulation excitée par la glorification continue de nos divers prédécesseurs poussera chacun à mériter aussi cette irrévocable incorporation à l'être immense et éternel qui se compose beaucoup plus de morts que de vivants. Quand le système de commémoration sera pleinement développé, aucun digne coopéteur ne s'en trouvera exclu, quelque humble que soit sa participation, domestique, municipale, nationale, ou occidentale. La nouvelle éducation généraleaura bientôt disposé tous les positivistes à sentir, dans une telle récompense de toute conduite honorable, un plein équivalent des vaines espérances qui animaient leurs précurseurs.
Subsister en autrui constitue un mode très réel d'existence, puisque c'est ainsi que s'accomplit, au fond, la meilleure partie de la nôtre. L'impuissance où nous étions jusqu'ici de nous placer systématiquement au point de vue social nous empêchait d'apprécier une telle
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vente. Mais une synthèse complète, que le culte esthé- :i«|tie àe i^'tiaaEsuiitê doit rendre familière à tous, nous juvnuRL iuentùt les immenses satisfactions morales projns& oiK pÛBLn essor direct des sentiments de solidarité et >u£to<tt vte cootmoité. Cette faculté de prolonger libre- -jtent aiici« TÎe dans le passé et dans Tavenir, pour la jueu&tieveiopper dans le présent, constitue le dédomma- ^seoKfit nécessaire des puériles illusions que nous avons .m^TOcaMement perdues. Parvenue enfin à sa maturité, l;à sièiiie science qui nous ravit ces consolations subjectives construit aujourd'hui la base objective d'une compensation auparavant impossible, en permettant à chacun d*espérer une entière incorporation au Grand-Être, dont elle nous révèle les lois statiques et dynamiques. Sur ce fondement inébranlable, la poésie peut seule ofijjaniser le culte public et privé qui nous associera intimement à cette universelle existence, inintelligible aux esprits non émancipés. Ainsi éclairée par la raison, l'imagination prendra un essor plus complet et plus efficace qu'à son début polytbéique. Les prêtres de THuma- LÙté sauront réduire la science à construire le domaine îottdamental de l'art, tant esthétique que technique. MhîSs ainsi constituée, la poésie deviendra, suivant notre :iAluà'<^ la principale occupation, active ou passive, de :à^M^tftcultftK^ spéculatives. Directement appelée à sa vraie a«*4iiKV« trito charmera et ennoblira toute notre existence, .a iisMK ti^i^iiuiil mieux sentir notre relation au Grand- %n«^ v^'ii^ IH'iJUCipalement par elle que le nouveau sacer- «VvS >%^uaaitWNU encore mieux que l'ancien, toutes les ^.««%«u«>. mWH^*^ individuelles, surtout la naissance, le v«H<^»%^« >l^ î>A iNMMTl^ pour y faire toujours prévaloir une Hs^^«v Hh^^W^^ de cette connexité nécessaire, aussi .\N*>v*hîtW<^-àtî*xiiif iwrivée qu'à la vie publique. Forcés ,i >^^^«^^^)s ^À^ vVMCi^ntrer sur l'existence réelle tous nos >v\^if\^i (Mfs '-^r^ ^NAftMTts, nous sentirons de plus en plus
combien il nous importe d'y appliquer autant que possible toutes les ressources de l'imagination comme celles de la raison, du sentiment et de l'activité.