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Le concours des divers beaux-aris

Cette auguste consécration de l'art fondamental s'étendra bientôt à tous les autres beaux-arts, qui lui empruntent les créations auxquelles ils fournissent, par les sons ou par les formes, une expression plus décisive. Appelés, après la poésie, à célébrer le véritable Être-Suprême, ils acquerront ainsi un domaine inépuisable, qui les détournera de regretter les chimères usées que leur empirisme suppose encore indispensables. La musique moderne, essentiellement bornée aux affections privées, n'a pu pleinement aborder la vie publique que dans l'admirable chant exceptionnel (1) qui résumera toujours notre grande impulsion révolutionnaire. C'est au culte de l'Humanité, fondé sur l'éducation positive, et institué par la poésie, qu'il appartient de consacrer le plus social des arts spéciaux à chanter dignement les attributs et les destinées de notre espèce, comme à glorifier tous nos types historiques. Dans cette commune destination esthétique, la peinture et la sculpture utiliseront noblement leur aptitude caractéristique, en nous faisant concevoir le Grand-Être avec plus de netteté et de précision que ne l'aura pu la poésie, même assistée de la musique. Toutes les admirables tentatives accomplies, depuis le moyen âge, par des artistes presque émancipés, pour représenter le type chrétien de la femme, ne seront plus senties que comme des préparations spontanées à la symbolisation graphique de l'Humanité sous la forme féminine, qui seule lui convient. Cette impulsion sociale conduira la sculpture à surmonter les difficultés techni-

(1) La Marseillaise. {N. des édit.)

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qxus que lui offrent les représentations collectives, bientôt devenues sou champ principal. Elle ne figure encore des groupes que dans les bas-rL-liefs. productions équivoques, où le génie de la forme confond ses deux modes. D'admirables exceptions permettent d'entrevoir combien la sculpture s'étendra et s'ennoblira, en s'élevant ainsi à son oflîce final, par la création des statues composées, soit adhérentes, soit surtout disjointes, qui lui permettront d'aborder beaucoup de grands sujets, jusqu'ici étrangers à son domaine.

Quoique l'architecture doive s'incorporer la dernière au culte final, sa participation normale n'y sera pas moindre que celli? des autres beaux-arts. Le nouvel Etre-Suprême ne pourra pas se contenter toujours des temples érigés à l'ancien, pas davantage que le monothéisme ne se borna aux constructions polythéiques, qu'il dut d'abord utiliser, à mesure de leur désuétude. 11 ne faut pas chercher aujourd'hui quels édifices conviendront finalement à un culte où les diverses fonctioiâ d'enseignement et de consécration se trouveront intimement régénérées. Moins déterminée qu'aucune autre, celte manifestation monumentale de la grande unité ne pourra devenir caractéristique que quand l'Occident, déjà familiarisé avec la nouvelle éducation, accueillera suffisamment le culte institué par la poésie, assistée de la musique, et même complétée par le double art graphique. Cet empressement des populations d'élite sollicitera des constructions appropriées à leurs convictions finales. Les véritables temples de l'Humanité ne commenceront donc à surgir qu'avec la génération directement appelée à appliquer la rénovation mentale et morale à une complète réorganisation politique. Jusqu'alors, le nouveau culte utilisera, autant que possible, les édifices constniîfai pour l'ancien, à mesure qu'ils se trouveront libreingi abandonnés.

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