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PREMIÈRE PARTIE

perdit nécessairement ce pretaier caractère en s'étendant aux recherches physico-chimiques, et surtout aux spéculations biologiques, où les variations deviennent si considérables. En s'élevant enfin jusqu'au domaine sociologique, il doit aujoard'hui cesserd^encoorir le reproche que mérita son enfance, puisque son principal exercice se rapportera désormais aux phénomènes les plus, modiflabiesy surtout par notre intervention. Il est donc évident que, loin de nous inviter à la torpeur, le dogme positiviste nous pousse à l'activité, surtout sociale, beaucoup plus que ne le comporta jamais le dogme théologiste. Dissipant tout vain scrupule et tout recours chimérique, il ne nous détourne d'intervenir qu'en cas d'impossibilité constatée.

21. — Le positivisme n'est pas optimiste : il juge aoec un esprit relatif les faits historiques, mais il ne les justifie pas tous.

L'accusation d'optimisme est encore moins fondée que la précédente; car, cette tendance n'oflFre point, comme l'autre, une certaine solidarité initiale avec l'esprit positif. Sa source est, au contraire, purement théologique; son influence décroit toujours^ mesure que la positivité se développe. Quoique les phénomènes immodifiables du ciel nous suggèrent naturellement l'idée de perfection autant que celle de nécessité, leur simplicité y manifeste tellement les vices de l'ordre réel que jamais l'optimisme n'y aurait cherché ses principaux arguments, si la première ébauche de leurs théories n'avait pas dû s'accomplir sous le régime monothéique, qui nécessairement y faisait supposer une sagesse absolue. D'après la théorie d'évolution sur laquelle repose aujourd'hui le positivisme systématicfue, la philosophie nouvelle s'oppose spontanément de plus en plus à l'optimisme, comme

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au fatalisme, à mesure qu'elle embrasse des spéculaiioDS plus compliquées, où les imperfections de réconomk naturelle se prononcent davantage, comme ses modifications. Cesl donc envers les études sociales que cette imputation, ainsi que Tautre, doit être le moins méritée. Si elle y semble encore motivée, cela n'y lîenl aujourd'hui qu'à une insufftsante introduction du véritable esprit scientifique, par des penseurs qui n'en pouvaient asseï connaître la nature et les conditions. Faute d'une convenable préparation logique, on a, de nos jours, souvent abusé, en effet, d'un caractère propre aux phénomènes sociaux pour y représenter comme iibsolce ur.e sagesie spontanée qui est seulement supérieure à ce qiie comporterait leur degré de complication. En tant que dus à des êtres intelligents, qui tendent toujours à corriger lo imperfections de leur économie collective, ces phénomènes doivent offrir un ordre moins imparfait que si, avec une égale complication, leurs agents pouvaient être aveugles. La vraie notion du bien s'y rapportant toujours à l'état social correspondant, il est impossible que chaque situation et chaque changementquelconques n'y soient pns, à certains égards, justifiables, sans quoi ils deviendraient aussitôt inexplicables, comme contraires à la nature des êtres et à celle .des événements. Tels sont les motifs naturels qui maintiennent aujourd'hui une dangereuse tendance à l'optimisme politique chez les penseurs, même éminents, qu'une sévère éducation scientifique n'a point préparés à s'affranchir assez des habitudes théologico-métaphysiques envers les plus hautes spéculations. Dans l'harmonie spontanée de chaque régime avec la civilisation correspondante, leur vague appréciation suppose une perfection chimérique. Mais il serait injuste d'attribuer au positivisme des aberrations évidemment contraires à son véritable esprit, et dues seulement à l'insuffisante préparation logique et scienti-

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