‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 45 sur 225 · Le progrés n'est que le développement de l'ordl · texte numérisé non relu

Le progrés n'est que le développement de l'ordl

Mais la conciliation fondameutale entre l'ordre et )e progrès constitue, d'une manière encore plus irrécusable, le privilège caractéristique du positivisme. Aucune autre doctrine n'a même tenté cette indispensable fusion, qu'il établit spontanément, en passant, d'après son échelle encyclopédique, des moindres cas scientifiques aux plus éminentssujets politiques. Mentalement envisagée, il la réduit à la corrélation nécessaire entre l'existence et le mouvement, d'abord ébauchée envers les plus simples phénomènes inorganiques, et ensuite complétée dans les conceptions biologiques. Après cette double préparation, qui procure à cette combinaison une imposante autorité scientifique, il établit son caractère définitif en l'étendant aux saines spéculations sociales, d'où résulte aussitôt son efiicacité pratique, inhérente à cette entière systématisation. L'ordre devient alors la coi tiou permanente du progrès, tandis que leprogrè) tue le but continu de l'ordre. Enfin, par une plus fonde appréciation, le positivisme représente directe! le progrès humain comme consistant toujours dani simple développement de l'ordre fondamental, qui tient nécessairement le germe de tous les progrès pos^. blés. La saine théorie de notre nature, individuelle on coileclive, démontre que le cours de nos transformations quelconques ne peut jamais constituer qu'une évolution sans comporter ancune création. Ce principe général est pleinement confirmé par l'ensemble de l'appréciation historique, qui dévoile toujours les racines antérieures de chaque mutation accomplie, jusqu'à indiquer le plus grossier état primitif comme l'ébauche rudimentaire. tons les perfectionnements ultérieurs.

D'après cette identité fondamentale, le progrès de à son tour la manifestation de l'ordre. Son analyse pn

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posair. I

peut donc caractériser assez la double notion sur laquelle reposent à la fois la science et Tart de la sociabilifé. Ainsi conçue, celte appréciation devient mieux saisissable, surtout en un temps où la nouveauté et l'importance de la théorie du progrès préoccupent davantage l'attention publique, qui sent, à sa manière, l'immense portée d'une telle conception, comme base nécessaire de toute saine doctrine morale et politique.

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