La devise de 1830 éttxit conforme à la situation
politique.
Le vrai caractère de notre politique provisoire est tellement déterminé par la situation générale que l'instinct pratique a devancé à ce sujet les saines indications, théoriques, comme le prouve l'heureuse devise {liberté, ordrepublic) spontanément surgie, chez la classe moyenœ, au début de la longue halte. Cette devise, dont on ignore' l'auteur, n'avait aucune solidarité réelle avec les velléités rétrogrades de la royauté déchue. Quoique empirique, sa spontanéité la rend plus propre qu'aucune maxime métaphysique à formuler les deux conditions essentielle» du milieu social d'où elle émana. En systématisant une telle inspiration de la sagesse publique, la saine philo-
Sophie doit aujourd'hui la consolider par un double complément indispensable à sa première destination, mais trop contraire aux préjugés actuels pour venir d'aucune source pratique. Il consiste à développer à la fois les deux termes de la formule, en proclamant la vraie liberté d'enseignement et la prépondérance du pouvoir central sur le pouvoir local. La rapidité de ce Discours ne saurait m'empêcher d'y placer déjà, sous l'un et l'autre aspect, une indication caractéristique, quoique très sommaire, des explications réservées au quatrième volume du présent traité.
48. — Liberté de renseignement. Suppression du budget des cultes et du budget de Vunioersité,
Désormais le positivisme constitue réellement le seul organe systématique d'une véritable liberté d'exposition et d'examen, que ne peuvent franchement proclamer des jdoctrines incapables de résister à une discussion approfondie, comme étrangères à toute démonstration décisive. Cette liberté, depuis longtemps assurée quant à l'expression écrite, doit s'étendre maintenant à l'expression orale, et se compléter par la renonciation du pouvoir temporel à tout monopole didactique. Le libre enseignement, que le positivisme seul peut invoquer avec une pleine sincérité, est devenu indispensable à notre situation, soit comme mesure transitoire, soit même comme annonce de l'avenir normal. Sous le premier aspect, il constitue une condition d'avènement de toute doctrine propre à déterminer, d'après une vraie discussion, des convictions fixes et communes, que supposerait tout système légal d'instruction publique, loin de pouvoir les produire. Appréciée sous le second rapport, la liberté d'enseignement ébauche déjà le véritable état final, en proclamant l'incompétence radicale de tonte autorité temporelle pour organiser l'éducation. Le