Puiêiance morale et politique de V opinion publique
• Hgénèrée.
• : .Qooi q^îX en soit, cette affinité spontanée dn ptoléteriat envers le pouvoir spirituel ne pouyait, au moyen Age^ se développer beaojcpup, puisque l'élément populaire jse dégageait à peine der restes du servage quand le cattioliçisme obtenait j|on:principal ascendant. La saine Ihéorie: historique représente même ce défaut d'appui comme l'une des sources spéciijiles de l'inévitable avorteu^ent de la noble tentative catholique. Cette spiritualité pt^maturée était déjà dissoute essentiellement, par la flésuétude nécessaire des croyances correspondantes, et aussi d'après le caractère rétrograde de l'autorité théologique, quand le prolétariat eut acquia assez d'imt)ortance sociale pour lui fournir un soutien décisif, si elle ayai( pu le mériter. L'ensemble de révolution moderne réservait donc au positivisme la réalisation totale d'une tçlle combinaison, d'après l'alliance fondamentale qu'il ya/ organiser entre les philosophes et les prolétaires, également préparés à cette coalition finale par la transition positive et négative accomplie pendant les cinq derniers siècles.
Diitectement appréciée, cette association régénéralrice est surtout destinée à constituer enfln l'empire de l'opinion publique, que tous les pressentiments, instinctifs on systématiques, s'accordent, depuis la fin du moyen âge, à concevoir comme le principal caractère du régime final de l'humanité.
Qe salutaire ascendant doit devenir le principal appui de la morale, non seulement sociale, mais aussi privée, ]Çt même personnelle, parmi des pQpulations où chacun sei^de'lShi^ en plus poussé à vivre au grand jour^ de manière à permettre au public le contrôle efficace de toute ^xi^tçnç^ quelconque. La chute irrçvp.cable des illusions
théologiques rend cette force spécialement indispensable, pour compenser, chez la plupart des hommes, ï'insufBsance de la moralité naturelle, même sagement cultivée. Après l'incomparable satisfaction directement inhérente à l'exercice continu du sentiment social, l'approbation commune constituera la meilleure récompense de la bonne conduite. Vivre dignement dans la mémoire des autres fut toujours le vœu principal de chacun, même sous le régime théologique. Dans l'état positif, cette noble ambition acquiert encore plus 'd'importance , comme seule satisfaction que comporte désormais notre intime besoin d'éterniser l'existence. En même temps que plus nécessaire au nouveau régime moral, la force de Topinion publique s'y développe davantage. La réalité caractéristique d'une doctrine toujours conforme à Tensemble des faits y assure mieux l'autorité des règles et reflBcacilé de leur application, que ne peuvent plus éluder les subterfuges suggérés par la nature vague et absolue des prescriptions théologiques ou métaphysiques. D'un autre côté, l'invocation directe et continue de la sociabilité, comme principe unique de la morale positive,y provoque aussitôt rintervention permanente de l'opinion publique, seul juge naturel de toute conduite ainsi destinée au bien commun. Le but nécessairement personnel de chaque existence, d'après la doctrine théologico- métaphysique, ne pouvait autant comporter un tel appel.
Appréciée ensuite dans Tordre politique proprement dit, il est superflu de prouver que la force de l'opinion publique doit en devenir le principe régulateur. Sa prépondérance s'y réalise déjà, malgré notre anarchie mentale, toutes les fois qu'une impulsion décisive vient contenir les divergences radicales qui la neutralisent ordinairement. Cet ascendant spontané se manifeste même quand Tesprit public prend une direction vicieuse, à laquelle nos gouvernements ne peuvent presque jamais