‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 66 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

leur relation avorterait presque toujours. D*abord, cette dernière condition est encore plus inévitable que la seconde ; et, en fait, elle n'a jamais manqué, car toute doctrine suppose des fondateurs primitifs, el même des docteurs habituels. Il y aurait une évidente contradiction à'concevoir des principes moraux et politiques comme investis d'un haut ascendant social, tandis que ceux qui les posent ou les enseignent seraient dépourvus de toute autorité spirituelle. La métaphysique négative, d'abord protestante, puis déiste, a bien pu faire temporairement prévaloir une telle incohérence, quand la raison publique se préoccupait surtout du besoin d'échapper à la rétrogradation catholique. Pendant cette longue insurrection, chacun se trouvait transformé en une sorte de prêtre, interprétant, à son gré, une doctrine qui pouvait se passer d'organes propres, parce que sa destination était essentiellement critique. Nos diverses constitutions métaphysiques ont directement consacré un tel régime, jHÎF-lenrs déclarations préalables, qui semblent offrir à tout citoyen un moyen général d'appréciation sociale, d'après lequel il serait dispensé de recourir à des interprètesspéciaux. Je ne dois pas discuter ici cette empirique extension à l'état organique d'une disposition qui ne pibàvàit convenir qu'à la transition révolutionnaire.

'Envers les moindres arts, on n'oserait prétendre que les préceptes généraux pussent exister sans culture théoriqne, lii que leur interprétation spéciale dût rester livrée au simple instinct du praticien. Comment en serait-il autrement pour l'art le plus difficile et le plus important, où des règles moins simples et moins précises exigent davantage une explication propre à chaque cas? Quelque satisfaisantes que doivent devenir les démonstrations dés principes sociaux, il ne faut pas croire que lia doclrine positive puisse jamais dispenser, même après la iiie!lleui*e éducation, de. recourir, dans la vie réelle,

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