‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 67 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

manque souvent, on peut aujourd'hui vérifier, par con*^ traste, une telle nécessité, en observant Tinsuffisance pratique des règles les moins contestées, mais dont l'application spéciale n'émane d'aucune autorité régulière. Une appréciation plus facile et des sentiments plus actifs tendent alors à compenser imparfaitement cette grave lacune. Les conditions plus difficiles et les exigences supérieures de la vie publique n'ont jamais permis qu'elle restât aussi dépourvue d'intervention systématique. Chacun de ses actes manifeste, même aujourd'hui, l'indispensable participation d'une certaine autorité spirituelle, dont les organes, quoique très mobiles, sortent le plus souvent du journalisme métaphysique et littéraire. Notre anarchie mentale et morale ne dispense donc pas l'opinion publique de directeurs et d'interprètes. Elle oblige seulement à se contenter de ceux qui ne peuvent lui offrir que des garanties personnelles, sans aucun gage régulier de la fixité de leurs convictions et de la pureté de leurs sentiments. Ainsi posée par le positivisme, la question de l'organisation de l'esprit public ne saurait longtemps rester indécise. On voit qu'elle se réduit, au fond, à la séparation normale des deux puissances sociales, comme la condition de doctrine a été ci-dessus ramenée à la division correspondante entre la théorie et la pratique. D*une part, il est clair que la saine interprétation des règles morales et politiques ne peut émaner, de même qu'envers tout aatre art, que des philosophes voués à l'étude de| lois naturelles sur lesquelles elles reposent. Or, pour se qnaintexfir au point de vue d'ensemble qui fait seul leur mérité intellectuel, ces philosophes- doiweal 8.'ab&igiMr4iyec soin de toute participation habituelle à la vie active, surtout publique, dont l'influence spéciale altérerait bientôt leur aptitude spéculative. Cette condition ne leur «st pas moins indispensable, d'une autre part, afin de

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conserver la pureté de lears sentiments et Ilmpartialité de leur caractère, double garantie morale de leur anto- -rilé, publique ou privée.

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