‹ Discours Sur L'ensemble Du PositivismeChapitre 92 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

dois ici me borner à signaler sa haate prépondérance, d'abord spontanée, puis systématique, dans tout le cours de réducation positive, et la manière dont elle s'y trouve spontanément liée au système entier des connaissances réelles.

Une telle éducation, comme l'existence qu'elle doit préparer, subordonnera toujours l'intelligence à la sociabilité, en prenant celle-ci pour but et l'autre pour moyen. Elle est surtout destinée à disposer nos prolétaires à leur nâble office social de principaux auxiliaires du pouvoir philosophique, et aussi à leur faire mieux remplir leurs fonctions spéciales.

Depuis la naissance jusqu'à la majorité, son ensemble comprend deux parties générales : l'une essentiellement spontanée, finissant à la puberté ou au début de l'apprentissage industriel, doit s'accomplir, autant que possible, au sein de la famille, sans exiger d'autres études que celles relatives à la culture esthétique ; l'autre, directement systématique, consistera principalement en noe suite publique de cours scientifiques sur les lois essentielles des divers ordres de phénomènes, servant de base à la coordination morale, qui fera converger toutes les préparations antérieures vers leur commune destination sociale. Au temps indiqué par une longue expé- Tience pour l'époque de l'émancipation légale, et où nos m/œurs tendent à fixer le terme de l'apprentissage pratique, chaque prolétaire se trouvera ainsi préparé, d'esprit et de cœur, à son ofBce public et privé.

La première moitié de la partie spontanée doit être consacrée, sous la présidence des parents, et surtout des mères, à l'éducation physique, jusqu'à la fin delà seconde dentition. Ce préambule, borné jusqu'ici à un grossier exercice musculaire, consistera davantage à cultiver à la fcHs nos sens et notre adresse, en nous préparant déjà à r€d>servation et à l'action. Il ne comporte aucune étud«

proprement dite, pas même de leclure ou d'écrim rinstruclion acquise s'y réduit aux Taits de tous genre qui attireront spontanément l'attention naissante. La philosophie de l'individu, comme celle de l'espèce il pareil âge, se borne alors au pur rélichisme, dont aucune vaine intervention ne doit troubler le cours naturel. Toute ta sollicitude des parents consiste à inspireriez préjugés et susciter les habitudes que justilîera plus tard l'éducation systématique. L'aclive culture des bons sentiments y pose sans cesse les meilleures bases de la vraie moralité.

Dans les sept années environ comprises entre la dentition et la puberté, celte éducation spontanée commence à devenir systématique, mais seulement quant aux beaux-arts, quoiqu'il importe beaucoup, surtout moralement, qu'elle s'accomplisse encore sans quitter jamais la famille. Les vraies études esthétiques se réduisent toujours à des exercices plus ou moins réglés, qui n'exigent aucunes leçons formelles, du moins pour l'éducation générale, sauf les besoins propres à certaines professions. Rien n'empêchera donc de les accomplir au sein delà famille, dès la seconde génération positiviste, quand le goiît mieux cultivé permettra aux parents d'y présider assez. Elles comprendront surtout : d'une part, la poésie, comme l'art fondamental ; d'une autre part, les deux arts spéciaux les plus essentiels, la musique et le dessin. Sous le premier aspect, cet âge sera donc consacré à la culture familière de nos principales langues occidentales, sans lesquelles la poésie moderne ne saurait être assez appréciée. Outre leur destination esthétique, ces exercices comportent une haute efficacité morale, pour dissiper les préventions nationales, afin d'occidentalisé) mœurs positivistes. La saine philosophie impon chaque population l'obligation sociale de conq toutes les langues limitrophes, Selon ce principe ii

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