‹ Discours sur l'ensemble du positivisme;Chapitre 5 sur 103 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

traité dont ce discours n'est que le préambule commença, en 1846, par la dédicace exceptionnelle qui, six mois après notre fatale séparation, put seule rouvrir le cours de mes travaux. Mais un hommage aussi mérité ne serait pas entièrement digne de son objet si je le liais à un simple fragment. Je ne dois pas l'isoler de l'ensemble de l'ouvrage qu'il caractérise spontanément. Malgré ma juste impatience de hâter l'éternelle identification par laquelle le public récompensera, j'espère , un lien sans exemple, je me suis borné à extraire de cette dédicace initiale l'épigraphe propre à ce discours préliminaire.

En terminant cette indispensable indication , qu'il me soit permis de remercier ici mes auditeurs des deux sexes pour la précieuse sympathie qui accueillit, l'an dernier, lexpansion involontaire arrachée à ma douleur par la coïncidence spontanée de ma séance relative aux femmes avec le premier anniversaire de notre catastrophe. Puisse cette intime alliance entre la vie privée et la vie publique annoncer déjà l'un des plus nobles privilèges du nouveau culte, qui poussera dignement à vivre, autant que possible, au grand jour!

PREFACK. XI

Cette importante connexité me conduit à compléter cette préface , en y consignant la juste réparation que je fis à M. Arago pendant ma séance positiviste du dimanche 27 février dernier. Elle est assez caractérisée par la lettre ci-jointe (1), que j'écrivis aussitôt à mon éminent collègue philosophique M. Littré, et dont j'obtins ensuite la reproduction dans plusieurs journaux , français, hollandais, et anglais. Je n'oublierai jamais que l'inspiration spontanée de

(1) Mon cher Monsieur Littré,

Pendant ma prédication philosophique , je viens de faire deux importantes déclarations, naturellement connexes , dont je vous prie de compléter l'efficacité, en leur procurant, autant que vous le pourrez , une publicité plus étendue et plus durable que celle d'une simple exposition orale.

J'ai , d'abord , proclamé ma ferme résolution de ne jamais accepter aucune position politique proprement dite , même celle qui pourrait m'être conférée par la confiance directe de mes concitoyens : je n'ai point hésité à présenter ce solennel engagement comme ne m'élant pas seulement personnel , mais aussi comme commun à tous les philosophes positifs qui veulent désormais vouer sérieusement leur vie au sacerdoce de l'Humanité.

Ensuite , j'ai loyalement regretté d'avoir attaqué M. Arago , auquel je me suis efforcé de rendre sommairement une exacte justice intellectuelle et morale. Le besoin social de ménager toute puissance réelle , surtout Tascendant moral , plus rare et plus important

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