XII PRÉFACE
cette heureuse démarche surgit, le lendemain d'une généreuse commotion sociale , pendant mon invocation quotidienne de la mémoire sacrée qui ne cessera jamais d'améliorer mon cœur.
Une telle manifestation me rappelle naturellement un doux devoir, que je me serais déjà honoré d'accomplir, si j'en eusse trouvé plus tôt une digne occasion.
Dans une seconde édition de mon ouvrage fonda-
qu'aucun autre, s'aggrave beaucoup, de nos jours , par le prix exceptionnel qu'acquièrent les personnes en un temps où il ne peut encore exister de véritables principes. Tel est le motif essentiel d'après lequel j'ai blâmé comme inconsidérée ma critique antérieure , même quand sa justesse serait supposée complète.
Vous savez que l'urgence spéciale de la concorde entre tous ceux qui peuvent aujourd'hui concourir réellement au bien public m'a seule inspiré spontanément cette sincère manifestation , afin de ne pas contrarier involontairement le bien immense que peut faire M. Arago dans son éminente position actuelle. Mais , malgré votre rare modestie , mon scrupuleux amour de la vérité m'a forcé d'ajouter que je vous dois l'indication du mode que j'ai adopté : je vous remercierai toujours , et de me l'avoir proposé , et de m'avoir jugé capable de le suivre.
Tout à vous ,
Auguste COMTE.
Paris , le dimanche soir 27 février 1868.