‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 14 sur 37 · DOCTRINE PROPRE AUX VRAIS CONSERVATEURS · texte numérisé non relu

DOCTRINE PROPRE AUX VRAIS CONSERVATEURS

f o Explleatlon mhëtrmiie,

La nouvelle synthèse peut être préalablement caractérisée d'après une suffisante combinaison entre les sept qualifications irrévocablement condensées sous le titre positif, qui désormais signifie à la fois réel, utile^ certain , précis^ organique, relatif et même sympathique. Chacune étant spécialement comparée à la suivante, le premier couple indique les conditions fondamentales, le second les attributs intellectuels, et le troisième les propriétés sociales de la doctrine universelle; leur succession conduit à signaler sa source morale par l'acoeption finale. ^

Quoique la réalité semble d'abord suffire pour constituer la positivité, cette appréciation ne convient qu'au régime préliminaire, où le développement des forces théoriques exigeait que l'esprit scientifique abordât toutes

les questions susceptibles d'une vraie solution. Mais,

18 APPEL AUX toNSERTÂTEURS.

dans rétat normal, Futilité doit toujours compléter la prescription fondamentale, puisque la plupart des recherches vraiment accessibles sont essentiellement oiseuses. La philosophie pratique a, sous cet aspect , devancé la philosophie théorique ; parce que, la condition initiale s'y trouvant spontanément remplie, l'attention dut s'y concentrer sur l'autre, qui ne pouvait être abstraitement appréciée avant notre pleine maturité.

Malgré la tendance , trop fréquente encore , à confondre la certitude et la précision , le second attribut ne constitue que le complément du premier, qui doit également appartenir à toutes les conceptions vraiment positives, tandis qu'elles ne comportent l'autre qu'avec une inégalité réglée par leur propre complication.

Avant son extension décisive aux phénomènes sociaux, l'esprit positif s'était toujours montré profondément organique ; aspirant partout à construire, il n'écarta les causes qu'en y substituant les lois, sanfe développer, en aucun cas, un caractère directement critique. Mais cette aptitude s'est surtout manifestée depuis qu'il a saisi son principal domaine, en réparant les ravages que l'impuissance théologique et la discussion métaphysique avaient fait graduellement subir à Tensettible des notions sociales. Le caractère relatif , partout inhérent à sd tendance organique, a dû spécialement prévaloir dans sa construction de la philosophie de l'histoire, nécessairement incompatible avec là nature absolue de Tanciennë synthèse.

D'après l'intime connexité de ces deux propriétés, on peut apprécier comment elles se lient à la qiialité finale, seule contestée aujourd'hui chez les positiVisteâ incomplets. Car on ne saurait davantage rester relatif sans

PBEMIÈRE J^ARTtE. 1^

deveiîîr ôyinjfJathîiJUÔ que rester organique sails devehir relatif, surtout envers le champ principal de nos conceptions, où ramoui* dbit seul disposer à constl^uire et permettre d'apprécier. Lies sept acceptions dii terme fondamental de la saine philosophie sont tellèmeht solidaires que leur succession pourrait également substituer en accouplant chacune avec la précédente pdiilr aboutir à la première , qiibique lA iharëhe qute je Viens dé suiVrë dettieure historiquement préfërablè.

Uh second ât)erçu ftera dîrécteiilënt presseiitit* T ensemble de là religion positive, et sbftodt fea téridafacë radicale à cbttciliër Tordre et le ptogrèô, eh appréciant son aptitude universelle à représenter la sôumissidil comme la base du perfectionnement. Que notrfe obéissance reste iilvOlohtait'e ou qu'elle devienne vdloiitaire, qu'elle se borne aux lois hatdrelles du nlonde ou qu'elle â'éteûdëauX iïiàtitUtions artificielles de Thumanité, toujours elle constitue la première bondition dés améliorations quelconques. Outre que ndus Ue {)btivohs jamais môdiflel- les dispositions secondaires de Tordre réel; tant ititéHeur tJU'extérieur; que d' aptes ilhé digHe i^ésigHàtibii etlVerfe ses turiflcipfeles fatalités, cette febUbiiéèioh constitnéi éH élle-mêteië; un t^tébieUx pérfectlorthëtiiënt, à là M& hiéntâl et rtioràl. Nôtre intelllgëiicé ôë trouve ainsi conduite à hiiëiix refléter Técônomiè univerèelle qu'elle doit ensuite idéalifeer, en développant la subordiiiation de l'homme au mondé, spontanément ébauchée par le fétichisme et systématiquement établie dans le positivisme. En niême temps, là Soumission tend toujours â faire davantage prévaloir TâltruiSme sur Tégoïsme en comprimant la personnalité, d'Où procède toute révolte, malgré les sophisme^ qu'inspire Tenserable des instincts

anarchiques pour attribuer les insurreotions à la sociabilité.

Ce double préambule ayant assez placé le lecteur au point de vue convenable, je dois directement instituer la doctrine propre aux vrais conservateurs, en exposant d'abord son explication abstraite , puis son appréciation concrète. Quoique la première soit surtout consacrée au principe universel de la religion positive, il a besoin d'être précédé par l'examen des trois conditions fondamentales , et suivi de l'indication des trois institutions caractéristiques. La doctrine des conservateurs systématiques doit donc consister dans l'ensemble de sept notions profondément connexes, dont la succession est inaltérable* Conditions i*" Suprématie du sentiment. Instinctivement ébauchée fondamentales, par le fétichisme, et spontanément respectée sous la théocratie, la première condition de la vraie synthèse ne put être assez maintenue pendant la triple transition qui dut graduellement conduire l'Occident à l'état sociocratique. L'élaboration grecque tendit de plus en plus à consacrer le principal abus du régime théocratique en s' efforçant de faire universellement prévaloir, parmi les trois éléments de la constitution humaine, celui qui peut et doit le moins dominer. Mais l'incorporation romaine rectifia, chez l'élite de l'humanité, la déviation initiale de l'esprit occidental, en complétant la liaison primitive de la vie privée à la vie publique par la subordination définitive de la spéculation à l'action. Au moyen âge, le mode final du théologisme progressif accomplit, envers la synthèse universelle, un dernier préambule, en proclamant la prééminence du sentiment sur l'activité comme sur Tintelligence. Toutefois , le programme normal ne put

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