‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

être suffisamment institué que par le positivisme, vu l'attitude contradictoire du catholicisme, qui s'efforça de systématiser la morale en séparant l'homme de la société, dont l'antique ascendant ne fut alors respecté que dans la chevalerie.

La religion positive doit directement réparer tous les ravages résultés de la synthèse catholique envers l'ensemble des traditions humaines, puisque sa réalité théorique la pousse dogmatiquement à proclamer l'existence naturelle des instincts sympathiques. Toujours individuel, le théologisme fut implicitement incompatible avec cette loi , qu'il dut explicitement nier dans la concentration monothéique, malgré les protestations continues de l'empirisme universel. Elle est donc propre au positivisme , qui seul la consacre et la développe, en faisant consister le problème humain à subordonner l'égoïsme à l'altruisme. Quoique le sentiment constitue l'unique régulateur de l'intelligence et de l'activité, cette condition ne pourrait suffire pour instituer une unité réelle et durable, si la synthèse ne devait exclusivement émaner de la sympathie. C'est seulement au moindre degré d'animalité que l'harmonie vitale comporte une source égoïste, quand tous les instincts se réduisent au penchant nutritif. Partout ailleurs, la pluralité des impulsions égoïstes, dont chacune tend à prévaloir, ne permet habituellement l'ordre que d'après leur commune subordination à l'ensemble des dispositions sympathiques, toujours susceptibles de concorder entre elles et de lier le dedans au dehors. Nécessairement exceptionnelle, même en mécanique, la concentration de tout système d'influences en une résultante générale ne devient possible, en sociologie , que d'après une digne prépondérance de l'amour universel.

4t2 APPEL IV% GOIiS£BYATIiUB$.

Pour (s^ire (i^ieijx ressortir le privilège du pQ^itiviaine envers le premier foqdemeqt de la w^ie synthèse, il faut rattacheif* la pr^éminenpe systén^atique du sentiment k la loi constante du classement QQrmal suivant la génér^alité décroissante. Car, si le domaine de la spéculation est justeipent regardé comme plus vaste que celui de Faction, il reste autant inférieur à celui de T affection. Quoique l'ancien dogmatisme, préoccupé de considérations chiqiériques, ait dû prqplamer que pQur «mer il faut d'abord connaître, l'empirisme universel annonce que l'amour précède, et même suscite, la connaissance, pourvu qu^ l'existence spjt admise. Le pQsitivisme systém£|.tise cette inspiration en représent^i-Ut le domaine moral comqie seul synthétique, parce qu'il en)brasse toujours les ê^fes, tandis que le champ théorique et pra* tique reste analytique, ep tant que concernant les phér nomènes qu'on doitsippréçier et modifier. Un tel contraste se trouve profondément consacré dans la constitution r^latiye d^ la religion universelle, où le puite domine non-seulement le régime mais aussi le dogme, que le ipode absolu tendait ft faire prévaloir contre d'unanimps prédilections.

â"" fielalivité complète. Je dois moins insister envers la seconde condition de Pétat positif, parce que le préambule théorique des Occidentaux, vulgarisa d'après leur essor pratique, la fit graduellement présider à tputps les élaborations abstraites. Dès le début de la science grecr que, la relativité fut irrévocablement introduite dans les plus simples conceptions, où l'absolutisme semblait mieux motivé. Toujours développée avec la posi^ivité, sa pr^r pondéranpe devait surtout convenir aux év^nemenU les plus oompl^)(6s, puisqu'il^ sont les plus modifiables,

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copome le conlirme la résistance croissante de Tesprit historique a\u prétentions absolues. La seule explication qu'il faille ici notar ^ cet égard consiste dans le besoin d'étendre le relativisme, non^seulement ^ tout le domaine iflteljectupl, où soft universalité n'est plus contestée que p^r aes paRseura arriérés, mais encore à Tordre pratique ^t Oléine piQf al. Envers 1^ sentiment , cette e:$tension devient irrécusable en considérant l'affinité, ci-dessus signalée^ «entre le caractère relatif et la disposition sympathique, par contraste avec la connexité spontanée entre l'égoïsipe et l'absolu. Qus^nt à l'activité, le relativisme ^oit toujours doçniner no^ projets et nos espérances, puisque le perfectionnement continu suppose l'imperfectipn constant^. Au lieu de représenter le mieux comme l'ennemi du bien, le positivisme proclame le bonheur, et pfiême le Revoir, incompatibles avec toute aspiration absolue , sou^ Tun qu^loQjique des aspects propres à. l'existence humftin^*

3" fndivi^ittiiU^ çle la wme synihè^e. Quoique la moins respect(3^ aujourd'hui, vu la dilTiculté d'y satisfaire, la dernière qppdition de l'unité positive n'a besoin que ji'^tre 4i^eGt®W^nt fDru<ulée pour devenir dogmatiquemeut incontestable, ^a vie étant toujours caractérisée par pnç indivisibilité d'autant plus prononcée que Texisr t€inc^ est plus ^ui^nte , pn ne ^aurait iuimédiatement piécpQp^^^re l'pbligatiqn de ne jamai£i scinder les divers asppp^ (le |a r^l^gipn destinée à la régler. En insti* tu^nl^ une synt^^èse provisoire, le fétichispe et la théo- Cji^^ti^ Pnt P^rtoqt ^éveJQppé des habitudes qu'il suffit 4e r^flilAgr P9^ sppofiinteF les tendances, de plus en Bin^. 4ifP8f^v^^9 4e r^v<)lution occidentale. Tous les ^ffprtftj ip%p tl^éçiyiqiips, tentés, sous l'anarchie mo-

universel.

derne envers des systématisations partielles, concourent à démontrer l'impossibilité de rien coordonner autrement qu'en liant tout. De là résultent à la fois la difficulté principale et le privilège décisif de la religion positive, forcée, sous peine d'inanité totale, d'embrasser l'ensemble du domaine humain,' tant affectif qu'actif et spéculatif, que la théocratie put seule ébaucher.

Principe Ainsi destinée à devenir indivisible, relative, et sympathique , la nouvelle synthèse combine ces conditions en érigeant en principe universel le dogme de l'Humar nité , graduellement surgi sous la tutelle fictive , qui se trouve irrévocablement épuisée.

Envers une telle préparation , le cœur a longtemps devancé l'esprit , qui n'a pu l'atteindre que d'après la récente fondation de la science sociale. La Famille et la Patrie constituent à la fois les éléments nécessaires, l'un médiat , l'autre immédiat , et les préambules spontanés, d'abord collectifs puis individuels, de l'Humanité. Source naturelle de toute initiation , le fétichisme, instituant, par l'attachement , l'existence domestique , fonda la consistance et la dignité de la vie personnelle ea la liant à celle d'un être perpétuel et composé. D'après cette base, le théologisme conservateur ébaucha l'état civique en développant la vénération. Mais l'insuffisance de ce régime envers l'activité collective ne lui permit de réaliser que l'institution de la caste , intermédiaire normal entre la Famille et la Patrie. Celle-ci ne put être assez constituée que sous le mode social du théologisme progressif. Alors , la seule activité qui d'abord comportât un essor collectif fit irrévocablement prévaloir une existence composée et continue , qui , quoique fondée sur l'égoïsme

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