‹ Discours sur l'esprit positif (volume 2)Chapitre 7 sur 37 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

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tance sur les libres subsides des vrais croyants, en repoussant toute existence officielle , et même tous tes profits matériels du travail spirituel, écrit ou verbal, qui doit toujours rester gratuit. Quelque difficile que soit une telle conduite pour un philosophe entièrement dépourvu de fortune personnelle , je l'ai suffisamment réa-r Usée depuis sept ans. Je reproduis , à la suite de cette préface, la dernière des circulaires qu'une telle situation me prescrit d'écrire au commencement de chaque année ; elle caractérise l'état naissant d'un sacerdoce qui déjà peut ainsi demander que la même garantie soit exigée des autres spiritualités.

Afm de seconder l'exposition par la prédication, j'a* vais promis, pour 1855, un cours propre à compléter celui que je fis trois fois, avec l'assistance du gouvernement, en 1849, 1850, et 1851, au Palais-Cardinal, sur la philosophie de l'histoire. Il devait faire directement pénétrer le positivisme chez les conservateurs, et même parmi les rétrogrades, tandis que le précédent avait en vue la conversion des révolutionnaires, seuls immédiatement accessibles aux innovations quelconques, quand leurs préjugés sont assez ébranlés. Toutes les démarches convenables ont été faites, avec autant de zèle que d'op« portunité, par le civique patron du positivisme, M. le sénateur Vieillard. Je regrette d'être forcé d'annoncer que le gouvernement n'a pas accordé le concours faute duquel je dois ajourner cet enseignement jusqu'à la prochaine année dont je puisse disposer d'après le plan général de mes travaux, c'est-à-dire en 1857. Pour faire mieux apprécier une telle décision, je joins à cette préface le programme qui caractérise chacune des trentesept séances d'un cours propre à seconder le présent

opuscule, ainsi devenu plus nécessaire. Néanmoins, je dois ajouter que le gouvernement a formulé son refus de manière à témoigner sa disposition à respecter la religion dont sa prépondérance seconda spontanément Tessor décisif. Les détours que la dictature bourgeoise employait pour les moindres embarras ont une tout autre signification quand ils émanent d'un pouvoir qui ne sera jamais soupçonné de manquer d'énergie.

Il faut terminer cette préface en complétant Toffice ébauché, Tan dernier, dans celle du volume final de ma Politique positive^ envers l'appréciation systématique de l'épisode militaire qui continue à préoccuper l'Occident. Par l'accomplissement de ce devoir, l'attitude générale du sacerdoce de l'Humanité se trouvera spécialement caractérisée, en indiquant l'efficacité d'une influence consultative toujours adaptée au cours naturel des événements.

L'intervention résultée de l'incident russe a successivement présenté deux modes opposés, l'un protecteur, l'autre agressif, dont le premier est assez apprécié dans ma dernière préface, écrite à la fin de juillet i85&. Quoiqu'il fût alors récent, il avait déjà manifesté les principaux caractères de l'expédition exceptionnelle où l'Occident voulait irrévocablement surmonter des impulsions perturbatrices. Tous les développements ultérieurs ont essentiellement confirmé cette appréciation, qu'il me suffit ici de résumer.

Un tel épisode a pour résultat direct et général d'éclaircir et de simplifier la situation occidentale en éli^ minant un élément hétérogène, qui, depuis la paix, aspirait vicieusement à diriger la politique propre au dix*neuvième siècle. Déjà cette épuration est assez ac-

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compile, puisque le prestige russe se trouve irrévocablement détruit, de manière à ne plus susciter des inquiétudes susceptibles d'entraver Tessor des populations avancées. L'élimination de Télément perturbateur se consolide et se complète par la préférence accordée , malgré la diversité théologique, à la puissance orientale la mieux disposée à se subordonner à roccidentalité.

Mais le fondement général de cette expédition n'a pas, en lui-même, moins de prix que son but essentiel ; car elle repose sur une intime allia:nce entre les deux éléments occidentaux qui, depuis la fin du moyen âge, avaient toujours développé la plus déplorable rivalité. La révolution moderne ne pouvant se terminer sans reconstruire l'occidentalité, ce concours annonce et seconde l'avènement spontané des mœurs normales , qui déjà surmontent partout les anciennes animosités. Tou-» tefois, la combinaison avec l'Angleterre n'offire maintenant une importance capitale, dans l'institution de la politique extérieure qui convient à la France, que pour transformer les dispositions résultées des luttes antérieures. En considérant l'avenir, le peuple central doit principalement s'allier aux populations méridicmales, plus capables de seconder son initiative régénératrice.

Quant aux réactions intérieures d'une telle coopéra-^ tion, elle a surtout manifesté la prépondérance universelle des inclinations pacifiques. On peut ainsi i^eeonnaître que désormais la planète humaine ne présente nulle part des nations vraiment guerrières, l'existence industrielle ayant partout prévalu. Cette transformation est d'autant plus décisive jqu'elle se lie aux tendances? fondamentales vers la régériération sociale, toujours entravée par l'activité militaire. Aussi l'expédition («îciden-

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