XVIII APPEL AUX G0NSBAVATEUB
taie , quoiqu'elle ait été partout jugée nécessaire, n'a point excité Tenthousiasme populaire, surtout en France, où le but de la révolution moderne est mieux senti. L'orgie militaire du dix-neuvième siècle he fit que suâpradre les dispositions résultées de Tensemble du passé français; elles sont devenues irrévocablement |)répondérantes depuis que les aspirations sociales ont acquis un irrésistible ascendant.
Spécifiant davantage l'influence intérieure de Texpédition occidentale, je dois indiquer j envers TAiigleterre, une réaction que la théorie pouvait seule manifester, mais dont la réalité n'^t aucuneméht contestable. Elle consiste dans la tendance des contacts ataglo-français k détruire la soumission théologique et le prestige aristocratique, qui constituent les principaux fondements du régime britannique. L'oligarchie qui fit la guerre à la France pour empêcher la propagation du jacobinisme, se trouve ainsi conduite à la consécration officielle de l'inunense meeting où ses sujets les plus atrièf^és subissent la contagion permanente du socialisme le plus «égatif* Quoique l'aboHlîon du régime paï'lementâire semble^ aox yeux des léfttrés, avoir placé la France audessous de TAngletîerre, les prolétaires britâhbSqufès âu^ ront bientôt apprécié la situation dititatoriale en sentant la supériorité que procurent aux nôtres Féniahcipation et la flratemité» De tels contacts pourraient ttaétné disposer à transporter la dictature en Angletè'rt>e avanft qu'elle y fût assez préparée*
Telles sont les indications relatives ati jifrertilî* ttode de l'exipéditîon oo<^dentàle, seul vraiment ^»nforme à iéa noble destination. L'approbation systématique que je formulai, dès l'an dernier, envers ce début, m^autorise
PRÉFACÉ. XÏX
nfiaintenatit à bîâmer !â dégénératîon cjul Ta bientôt liuivî, par la transformation de la défense en invasion.
Pour garantir l'indépendance turque après Tévacuation du territoire ottoman, il suffisait de combiner une petite armée d* observation avec une grande flotte protectrice, jusqu'à ce que la liberté maritime fût pleinement assurée. Toutes les forteresses, comme Gibraltar et Sébastopol, destinées à fermer les mers circonscrites, doivent certainement disparaître. Mais il faut qu'elles soient démolies par les gouvernements qui les t)nt construites, quand ils auront reconnu Tinutililé des dépenses continues qu'elles exigent, d*après l'impossibilité constatée d'instituer un tel monopole.
Rien n'autorisait, pour prévenir un tort futur, à développer une aberration équivalente à celle qu'on avatt voulu réprimer. Cette dégénération a renversé la situation morale, en transportant à l'autre camp Tîtitérêt que doit toujours inspirer l'attitude défensive. Là déviation agressive est d'autant plus déplorable que, si «5on développement officiel ne se trouvait partout contenu par lès ^ispositîônis populaires, elle suScîtel^ait -delà perturbations îUimitéeô. Déjà liée au vain projet d'ufte 'dîslocalît)n vîo^ lenlte envers une agrégation ekbtfeitante, elle tendrait bientôt • à wn verser le istam qm stïr lequel la Sagesse diplomatique a, depuis deuÀ Sièoleë, fondé provisoirement l'harmonie européenne, jusqu'à îa réwganisallon spirituelle de l'occidentalité. Tous les grand«3 États ée TOè^ aident doivent graduellfement subir une décomposition analogue à celle qU*on voudrait brusquement opérer en Sussie. Mais il faut que cette application d'une loi nécessaire soit partout accomplie spontanément, sans être vicieusement hâtée par une intervention oppressive. Au-
cune puissance n'étant assez pure pour reprocher aux autres les usurpations antérieures, ii suffit que les situations actuelles soient toujours respectées, jusqu'à ce que les principes destinés à régler les nationalités aient librement prévalu, chez des peuples irrévocablement domiciliés.
La déviation agressive concourt avec Texpédition protectrice pour constater et développer la transformation universelle qui caraclérise les mœurs modeimes. Depuis soixante ans, le cours général des événements militaires prouve que toutes les défenses ont essentiellemœt réussi, tandis que toutes les invasions ont finalement avorté. Même en considérant l'ensemble des perfectionnements propres à Tart de la guerre , on reconnaît qu'ils sont plus protecteurs qu'offensifs, comme le fut l'introduction des armes à feu.
Je ne dois pas insister davantage sur les vices et les dangers de la déviation agressive, dont il importe sur- / tout d'apprécier les sources. Il ne faut point Tattribuer à l'ambition des deux gouvernements qui la développent, et pourtant elle n'émane pas de l'égarement populaire. Elle est surtout due, comme l'aberration russe, à l'anarchie spirituelle qui partout livre les gouvernants et les gouvernés aux impulsions que le cours des événements semble motiver, faute de principes et de convictions capables de surmonter les sophismes po« litiques. Ce cas, quoique moins grave, est analogue à la dégénération de l'héroïque défense des républicains français en une longue suite d'expéditions oppressives, sous prétexte de consolider l'indépendance du peuple central. Un noble tzar a terni son règne en suscitant, au nom d'une croyance épuisée, une perturbation contraire à