PRÉFACE. XXI
Tensemble de sa carrière, et qui bientôt a détruit sa propre existence d'après une brusque rupture de l'unité cérébrale. D'une autre part , deux gouvernements profondément pacifiques ont entrepris une déplorable invasion, faute de savoir résister aux déclamations qui poussent à disloquer violemment une agrégation sans consistance. La France n'y persiste que pour ne pas se séparer de l'Angleterre, où la poignée de lettrés qui trouble toute l'Europe a produit un fantôme d'opinion publique, auquel l'absence de doctrine politique procure seule une telle efficacité.
Chacun peut ainsi reconnaître combien l'anarchie spirituelle est féconde en désastres matériels. Les gouvernants et les gouvernés se trouvent tellement déréglés aujourd'hui qu'ils ne peuvent éviter les fautes qu'en s'abstenant d'agir. On voit ici l'action ojQBcieUe, plus complète et plus durable que l'impulsion populaire, devenir la principale source des perturbations accomplies dans un cas où le public reste, surtout en France, essentiellement passif. De faibles stimulations ont suffi, faute de véritables principes, pour que le tzar et ses adversaires aient oublié la solidarité nécessaire entre la conservation de l'harmonie extérieure et celle de l'ordre intérieur, dont tous sont justement préoccupés. Aucune règle morale ne disciplinant les volontés politiques, un puéril orgueil fait persister dans un siège non moins inutile que désastreux, malgré la renonciation tacite à la dispendieuse expédition destinée à détruire la capitale russe. Il faut pourtant espérer que, par l'entremise des neutres, des conseils désintéressés auront bientôt ramené l'expédition collective à l'attitude qu'elle aurait dû prendre depuis que sa destination directe se trouve accom-
plie.. Elle pourra dès lors Inaugurer la ma^rine occidentale indiquée, dès 1848, dans le discours préliminaire de nia Politique positive^ pour développer la police des noiers quelconques et les opérations utiles à tous les peuples, en dispensant chacun d'eux d'en faire seul tous les frais.
Apprécié dans son ensemble, l'épisode militaire que j'achève d'examiner est directement propre à confirmer l'urgence, et wèïpe à constater l'opportunité de la réorganisation spirituelle que la religion positive vient ac-* complir. 11 manifeste la caducité de toutes les fois théologiques, non^seulement en montrant, comme le passé l'a souvent fait, des relations politiques contraires aux impulsions religieuses, mais en prouvant que les croyances surnaturelles sont partout devenues perturbatrices* D'une autre part, il dévoile et développe l'intime solidarité de toutes Içs populations humaines, dont aucune ne peut plus être guidée et disciplinée que d'après une doctrine capable d'embrasser l'ensemble des lieux, subordonné nécessairement h celui des temps. On est ainsi conduit à mieux sentir le besoin de la seule synthèse qui puisse instituer l'appréciation générale des affaires terrestres. Le sacerdoce correspondant doit bientôt obtenir la confiance des hommes d'État, à mesure que le cours des événements dispose à reconnaître la dépendance de chaque cas envers l'ensemble, de manière à montrer la valeur pratique des conseils émanés d'une synthèse positive. Comme la révolution moderne commença par la rupture des liens qui réunissaient, au moyen âge, tous les peuples catholiques, c'est en reconstruisant l'occi^ dentalité que la religion universelle inaugurera son avènement social. Voilà comment l'épisode militaire fait
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spécialement ressortir Taptitude du positivisme à rectifier les déviations les plus étendues et les plus durables, où rimpuissance et le danger de Tempirisme sont le mieux appréciables.
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