‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 142 sur 583 · Subsister. Sur la force de ce mot V. p. I3'J, n · texte numérisé non relu

Subsister. Sur la force de ce mot V. p. I3'J, n

ment du monde, sans que ni l'idolâLrie et l'impiété qui l'environnaient de toutes parts, ni les tyrans qui l'ont persécutée, ni les hérétiques et les infidèles qui ont lâché de la corrompre, ni les lâches qui l'ont trahie, ni ses sectateurs indignes qui l'ont déshonorée par leurs crimes, ni enfin la longueur du temps, qui seule suffit pour abattre toutes les choses humaines, aient jamais été capables, je ne dis pas de l'éteindre, mais de l'altérer ' ?

Si maintenant nous venons à considérer quelle idée cette religion, dont nous révérons l'antiquité, nous donne de son objet, c'est-à-dire du premier être, nous avouerons qu'elle est au-dessus de toutes les pensées humaines, et digne d'être regardée comme venue de Dieu même.

Le Dieu qu'ont toujours servi les Hébreux et les chrétiens n'a rien de commun avec les divinités pleines d'imperfection, et même de vice *, que le reste du monde adorait. Notre Dieu ' est un, infini, parfait, seul digne de venger les crimes et de couronner la vertu, parce qu'il est seul la sainteté même.

11 est infiniment au-dessus de cette cause première, et de ce premier moteur que les philosophes ont connu, sans toutefois l'adorer \ Ceux d'entre eux qui ont été le plus loin nous ont proposé un Dieu qui, trouvant une matière éternelle et existante par elle-même aussi bien que lui, l'a mise en œuvre et l'a façonnée comme un artisan vulgaire, contraint * dans son ouvrage par celle matière et par ses disposilions ^ qu'il n'a pas faites ; sans

1. Magnifique explication et confirmation (le cei mots contenus dans l'alinéa précédent : « Sa suite..., malgré tant d'obstacles survenus, fait voir manifcslemcnt que Dieu la soutient. ■>

2. L'imperfection n'est que l'absence du bien, le vice en est le contraire, c'est le mal même.

3. Ce n'est pas assez pour Bossuet de distinguer le Dieu vrai, par ses attributs, des divinités chimériques adorées dans le monde ancien : il le proclame, ce Dieu, il le confesse, avec un accent de

joie sainte et de pieux orgueil : Notrt Dieu...

i. Sans T0CTKP019 l'adorer. C.-à-d., sans lui vouer un culte, et en roslont eui-mcnies baeles, du moins cxténcurenieut, aux religions du vulgaire. Cf. ûa du c. XV de cette Partie.

5. Contraint dans. i;.-à-d., resserré, borné, rais à l'étioit : conlractus. Ce sens a vieilli. Plus loin, dans le même chapitre : « Jamais contraint ni embarrassé par sa matière. »

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