Ktsy SB l'avait, que lui seul
Dans leur parfaite simplicité et clarté, ces t-rmes n'ont rien à envier à l'exactitude savante du plus haut langage métaphysique.
4. Par raisox. Dans la langue des philosophes et des Pères grecs, Parole et Raison s'exprimaient par le même mot, livo;.
5. Applique sa vertu. \uI verbe ne pouvait mieux s'opposer au mot jeter de la phrase précédente. La même comparaison se retrouve dans les Elévations sur les mystères, 111^ Semaine, c. 4 : « Les corps jettent leur ombre nécessairement, le soleil envoie de même ses rayons; les eaux bouillonnent dune
el comme, en faisant le monde par sa parole, il montre que rien ne le peine ' ; en le faisant à plusieurs reprises, il fait voir qu'il est le maître de sa matière, de son action, de toute son entreprise, et qu'il n'a, en agissant, d'autre règle que sa volonté, toujours droite par elle-même.
Cette conduite de Dieu nous fait voir aussi que tout sort immédiatement de sa main. Les peuples et les philosophes qui ont cru que la terre mêlée avec l'eau, et aidée, si vous le voulez, de la chaleur du soleil, avait produit d'elle-même par sa propre fécondité les plantes et les animaux, se sont trop grossièrement trompés. L'Écrilure nous a fait entendre que les éléments sont stériles, si la parole de Dieu ne les rend féconds. Ni la terre, ni l'eau, ni l'air, n'auraient jamais eu les plantes ni les animaux que nous y voyons, si Dieu, qui en avait fait et préparé la matière, ne l'avait encore formée '^ par sa volonté toute-puissante, et n'avait donné à chaque chose les semences propres pour se multiplier dans tous les siècles.
Ceux qui voient les plantes prendre leur naissance et leur accroissement par la chaleur du soleil, pourraient croire qu'il en est le créateur. Mais l'Écriture nous fait voir la terre revêtue d'herbes et de toute sorte de plantes avant que le soleil ait été créé, afm que nous concevions que tout dépend de Dieu seul.
Il a plu à ce grand ouvrier de créer la lumière, avant même que de la réduire à la forme qu'il lui a donnée dans le soleil et dans les astres; parce qu'il voulait nous apprendre que ces grands et magnifiques luminaires ^, dont on nous a voulu faire des divinités, n'avaient par eux mêmes ni la matière précieuse et éclatante dont ils
source, comme d'elles-mêmes, sans que 1 2. Ne l'avait excokk roauÉB. Même la source les puisse retenir .. Mais vous, sens philosophique que plus haut : ô loi sui'rême, etc.» « Dieu a fait le monde tout entier danj
i . RiBN NE LE PEINE. C.-à-d , qu'il fait 1 sa matière et dans sa forme. » tout sans peine, sans effort. Y. la fin de 3. Luminaires C'est le mot même de l'alinéa précédent. Peinnr ne se dit l'Écriture : Fecitque Deus duo luminaguere aujouid'hui qu'au sens de, causer ria mayna : lumimire majus, ut prœeS' du chagrin, de l'inquiétude. j set dlei, etc. Geu., i, 16.
SUR L'iJISTOlRE UNIVERSELLE.
ont été composés, ni la forme admirable à laquelle nous les voyons réduits.
Enûn, le récit de la création, tel qu'il est fait par Moïse, nous découvre ce grand secret de la véritable philosophie, qu'en Dieu seul réside la fécondité et la puissance absolue. Heureux, sage, tout-puissant, seul suffisantàlui-mème ', il agit sans nécessité comme il agit sans besoin - ; jamais contraint ni embarrassé par sa matière dont il fait ce qu'il veut, parce qu'il luia donné par sa seule volonté le fond de son être. Par ce droit souverain, il la tourne ', il la façonne, il la meut sans peine : tout dépend immédiatement de lui ; et si, selon l'ordre établi dans la nature, une chose dépend de l'autre, par exemple, la naissance et l'accroissement des plantes, de la chaleur du soleil, c'est à cause que ce même Dieu, qui a fait toutes les parties de l'univers, a voulu les lier les unes aux autres, et faire éclater sa sagesse par ce merveilleux enchaînement.
Mais tout ce que nous enseigne l'Écriture sainte sur la création de l'univers, n'est rien à comparaison de * ce qu'elle dit de la création de l'homme.
Jusqu'ici Dieu avait tout fait en commandant : « Que a la lumière soit; que le firmament s'étende au milieu « des eaux; que les eaux se retirent; que la terre soit « découverte, et qu'elle germe ; qu'il y ait de gr:mds « luminaires qui partagent le jour et la nuit; que les oi- « seaux et les poissons sortent du sein des eaux ; que la « terre produise les animaux selon leurs espèces différen- « tes ^ 1) Mais quand il s'agit de produire l'homme. Moïse lui fait tenir un nouveau langage : « Faisons « l'homme, dit-il'^, à notre image et ressemblance. »
Ce n'est plus cette parole impérieuse et dominante ";
1. Suffisant A lui-même. Latinisme qui ajoute à la force de l'expreâsion.
Sufficiens sibi.
î. Sans besoin. Sans avoir besoin d'aucune aide, avec une parfaite indépendance.
3. Il la toub.ne. C.-à-d., la manie, la travaille. Remarquez le progrès du sens dans ces trois mots très-distincts : • Il tiiume, la r.tçonDei la meut. • Le
tout répond parfaitement au mot, grand OUVRIER, employé tout à l'heure.
4. A cOMPARAiso.N DE. Forme ancienne de cette locution, corrigée à tort par les édit(;tirs de Versailles.