‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 182 sur 583 · lixod., III. B · texte numérisé non relu

lixod., III. B

9. Il est intéressant de voir Bossuet et l'éueloii invoquer, l'un dans le traité De la connais'iance de Dieu et de soimême (ch. vi), l'autre dans le livre De l'existence de Dieu (P. II, c. 5), cette grande parole, qui est une lumière pour la philosophie comme pour la religion.

1 J . Incommunicabile nomen lapidibut

mot a été déjà plusieurs fois signalée. \ et siijnis imposuerunt. Sap., m, 24,

Je ne vous raconterai pas en particulier les plaies de l'Egypte, ni l'endurcissement de Pharaon, ni le passage de la mer Rouge, ni la fumée, les éclairs, la trompette résonnante \ le bruit effroyable qui parut au peuple sur le mont Sinaï. Dieu y gravait de sa main, sur deux tables de pierre, les préceptes fondamentaux de la religion et de la société : il dictait le reste à Moïse à haute voix. Pour maintenir cette loi dans sa vigueur, il eut ordre de former une assemblée vénérable de septante conseillers*, qui pouvait être appelée le sénat du peuple de Dieu et le conseil perpétuel de la nation. Dieu parut publiquement, et fît publier sa loi en sa présence, avec une démonstration ^ étonnante de sa majesté et de sa puissance.

Jusque-là Dieu n'avait rien donné par écrit qui pût servir de règle aux hommes. Les enfants d'Abraham avaient seulement la circoncision, et les cérémonies qui l'accompagnaient, pour marque de l'alliance que Dieu avait contractée avec cette race élue. Ils étaient séparés, par cette marque, des peuples qui adoraient les fausses divinités : au reste, ils se conservaient dans l'alliance de Dieu par le souvenir qu'ils avaient des promesses faites à leurs pères, et ils étaient connus comme un peuple qui servait le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Dieu était si fort oublié, qn'il fallait le discerner * par le nom de ceux qui avaient é^-é ses adorateurs, et dont il était aussi le protecteur déclaré.

11 ne voulut point abandonner plus longtemps h la seule mémoire des hommes le mystère de la religion et de son alliance. Il était temps de donner de plus fortes

1. La trompette rksoxî(ante, etc. — Bossuet ne retrace pas ici ces scènes merveilleuses, mais ne laisse pas, par les quelques mots dont il les rappelle, d'ajouter l'impression du spectacle visible à l'effet des grandes choses dont il va nous entretenir.

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