Exod., XXIV, et Num., xi. B
3. DÉMONSTBATiox. Mot plus fort que racinifestation ; analogue, pour le sens, au latin demonstratio (action de mon-
trer, do découvrir pleinement, et quelquefois étalage), et au grec litiJEiv.;.
4. Le discerner. Le mettre à part, le séparer de la foule des faux dieux : cliscernere. Même usage de ce verbe dans la phrase suivante du Serm. s. la nécessité des souffrances : « Les mêmes afilictions qui désolent, consument les michauts, purifient les justes ; et, quoi que l'on vous reproche, vous ne serez jamais confondus, tant que vous aurei 'e courage de -vous discerner. *
barrières àTidoIàtrie, qui inondait tout le genre humain, et achevait d'y éteindre les restes de la lumière naturelle.
L'ignorance et l'aveuglement s'étaient prodigieusement accrus depuis le temps d'Abraham. De son temps, et un peu après, la connaissance de Dieu paraissait encore dans la Palestine et dans l'Egypte. Melchisédech, roi de Salem, était le pontife du Dieu très-haut, qui a fait le ciel et la terre^. Abimélech, roi de Gérare, et son successeur de même nom, craignaient Dieu, juraient en son nom, et admiraient sa puissance ^. Les menaces de ce grand Dieu étaient redoutées par Pharaon, roi d'Egypte^: mais, dans le temps de Moïse, ces nations s'étaient perverties. Le vrai Dieu n'était plus connu en Egypte comme le Dieu de tous les peuples de l'univers, mais comme le le Dieu des Hébreux *. On adorait jusqu'aux bêtes et jusqu'aux reptiles *. Tout était dieu, excepté Dieu même*; et le monde, -que Dieu avait fait pour manifester sa puissance, semblait être devenu un temple d'idoles \ Le genre humain s'égara jusqu'à adorer ses vices et ses pas-, sions, et il ne faut pas s'en étonner: il n'y avait point de puissance plus inévitable ni plus tyrannique que la leur. L'homme, accoutumé à croire divin tout ce qui était puissant, comme il se sentait entraîné au vice par une force invincible, crut aisément que cette force était hors de lui, et s'en fit bientôt un dieu '. C'est par là que l'a-
{. Gen.. iiv, 18, 19. B.