MÉMORIAL. Monument, souvenir
« La fête des Tabernacles était comme un mémorial éternel du long pèlerinage d'Israël. « S. sur la satisfaction. — « Le mystère de l'eucharistie, c'est le mémorial sacré de la passion de Jésus. »
IV« S. sur la passion. Et, des sacrements institués par J -C, Bossuet nous dira dans ce livre, part. II, c. ?9, qu'ils sont les mémoriaux de ses œuvres. Mémorial, très-usité alors, surtout dans la langue de l'église, a vieilli; on ne le dit plus aujourd'hui que de certains mémoires d'affaires ou du livre-journal des commerçants (Ac. fr.).
4 'bénites. V. p. 204.
5. Le ravissement que Bossuet éprouve à retrouver de toutes parts, sur cette terre prédestinée, tant de souvenirs vivants de la sainte antiquité, communique à ses paroles, en cet endroit, quelque chose du style et du tour poétiques.
SUR L'HISTOIRE UiMVERSELLE. 217
quelles Dieu les avait confirmés dans l'ancienne et véritable croyance. Ceux qui connaissent tant soit peu les antiquités savent combien les premiers temps étaient curieux* d'ériger et de conserver de tels monuments, et combien la postérité retenait soigneusement les occasions qui les avaient fait dresser. C'était une des manières d'écrire l'histoire : on a depuis façonné et poli les pierres ; et les statues ont succédé, après les colonnes, aux masses grossières et solides que les premiers temps érigeaient*.
On a môme de grandes raisons de croire que, dans la lignée où s'est conservée la connaissance de Dieu, on conservait aussi par écrit des mémoires des anciens temps; car les hommes n'ont jamais été sans ce soin. Du moins est-il assuré qu'il se faisait des cantiques que les pères apprenaient à leurs enfants ; cantiques qui, se chantant dans les fêtes et dans les assemblées, y perpétuaient la mémoire des actions les plus éclatantes des siècles passés.
De là est née la poésie, changée dans la suite en plusieurs formes '% dont la plus ancienne se conserve encore dans les odes et dans les cantiques, employés par tous les anciens, et encore à présent par les peuples qui n'ont pas l'usage des lettres *, à louer la Divinité et les grands hommes.
Le style de ces cantiques, hardi, extraordinaire, naturel toutefois, en ce qu'il est propre à représenter la nature dans ses transports, qui marche pour cette raison par de vives et impétueuses saillies ^ affranchi des