Is., ui, 13. B
leurs, chargé de tous nos péchés; bienfaisant, et méconnu; défiguré par ses plaies , et par là guérissant les nôtres; traité comme un criminel ; mené au supplice avec des méchants, et se livrant, comme un agneau innocent, paisiblement à la mort; une longue postérité naître de lui^ par ce moyen*, et la vengeance déployée sur son peuple incrédule. Afin que rien ne manquât à la prophétie, ils ont compté les années jusqu'à sa venue' ; et, à moins que de s'aveugler, il n'y a plus moyen de le méconnaître.
Non-seulement les prophètes voyaient Jésus-Christ, mais encore ils en étaient la figure, et représentaient ses mystères, principalement celui de la croix. Presque tous ils ont souffert persécution pour la justice, et nous ont figuré dans leurs souffrances l'innocence et la vérité persécutée en Notre Seigneur. On voit Élie et Éhsée toujours menacés. Combien de fois Isaïe a-t-il été la risée du peuple et des rois, qui, à la fin, comme porte la tradition constante des Juifs, l'ont immolé à leur fureur ? Zacharie, fils de Joïada, est lapidé ; Ézéchiel paraît toujours dans l'affliction; les maux de Jérémie sont continuels et inexplicables * : Daniel se voit deux fois au milieu des lions. Tous ont été contredits et maltraités; et tous nous ont fait voir, par leur exemple, que si l'infirmité^ de l'ancien peuple demandait en général d'être soutenue par des bénédictions temporelles, néanmoins les forts ® d'Israël et les hommes d'une sainteté extraordinaire étaient nourris dès lors du pain d'affliction'', et buvaient par avance, pour se sanctifier, dans le calice préparé au Fils de Dieu ^ ; calice d'autant plus rempli d'a-
1. Naithe de LDI. On voit quelle liberté se donne Bossuet quant au choix grammatical des compléments du verbe principal ou unique, dans ces longues phrases-revues, dont l'ampleur et les mouvements sont facilités par cette liberté même.