Is., XLV, 24. B
3. Cette page, où la parole des prophètes alterne a-vec celle de l'auteur, offre néanmoins une singulière unité de ton et de langage. Bossuet est tellement nourri de la substance et du langage de l'Ecriture, que, même dans ces intei«valles où il cesse de citer les livres saints, il les parle encore, pour ainsi dire, et l'on croirait entendre un seul discours, sorti de la même source, tant, par ses études et son inspiration, l'in-
terprète se rapproche des originaux qu il explique!
4. Figure elliptique, qui a pu être suggérée par une locution biblique :
Amoulant in lege Domini. Ps. cxviii.
5. DÉN0^•CKR, chez Bossuet, c'est souvent annoncer, signifier, mais annoncer, signifier un malheur, une catastrophe, un châtiment. «... La colère de Dieu dénoncée aux pécheurs par son serviteur, ï p. 26. Plus bas, p. 242 : « Dieu lui dénonce qu'il le punira... » De même en latin denuntiare se dit souven» de l'annonce des choses fâcheuses. Denuntiare bellum, inimicitias .
6. Il Reg. , vu, 8, et seq. ; 111 Reg. , ii, 4, et seq. ; II Par., vu, 17, et seq. B.
David, qui s'oublie pour un peu de temps, les éprouve le premier* ; mais, aj'ant réparé sa faute par sa pénitence, il est comblé de biens, et propose comme le modèle d'un roi accompli ^ Le trône est affermi dans sa maison. Tant que Salomon, son fils, imite sa piété, il est heureux : il s'égare dans sa vieillesse, et Dieu, qui l'épargne pour l'amour de son serviteur David, lui dénonce qu'il le punira en la personne de son fils ^ Ainsi il fait voir aux pères que, selon l'ordre secret de ses jugements, il fait durer après leur mort leurs récompenses ou leurs châtiments; et il les tient soumis h ses lois par leur intérêt le plus cher, c'est-à-dire par l'intérêt de leur famille. En exécution de ses décrets, Roboam, téméraire par lui-même *, est livré à un conseil insensé : son royaume est diminué de dix tribus '. Pendant que ces dix tribus rebelles et schismatiques se séparent de leur Dieu et de leur roi, les enfants de Juda, fidèles à Dieu et à David, qu'il avait choisi, demeurent dans l'alliance et dans la foi d'Abraham. Les lévites se joignent à eux avec Benjamin : le royaume du peuple de Dieu subsiste par leur union sous le nom de royaume de Juda ; et la loi de Moïse s'y maintient dans toutes ses observances. Malgré les idolâtries^ et la corruption effroyable des dix tribus séparées, Dieu se souvient de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Sa loi ne s'éteint pas ' parmi ces rebelles : il ne cesse de les rappeler à la pénitence par des miracles innombrables, et par les continuels avertissements qu'il leur envoie par ses prophètes. Endurcis dans leur crime , il ne les peut plus
1. n Reg., XI, XII, et seq. B. , 6. Les idolattiies. — Pluriel déjà
2. (1 Da-fid, roi bon, pardonnant ; belle âme, bon esprit, puissant. » Pascal, Pensées, Art. XVI, 1 bis, éd. Havet.
David, pour le Seigneur plein d'un amour [fidèle.
Me parilt de nos rois le plus parfait modèle. Racine, Alhulie, II, 4.
remarqué, p. SB.
7. Ne s'ÉTEmT PAS. — Verbe de grand usage daus la langue du ivii' siècle, et en particulier dans celle de Bossuel, où il s applique à des cas fort diirérents. « L'idolâtrie achetait d'éteinjrc dans le genre humain les restes de la lumière naturelle. » p. 213. « Hippias est