Dan., Tiii, 2S. B
ses fois ceux de Juda môme armés contre leur patrie et contre Jérusalem : chose inouïe jusqu'alors, mais, comme on a dit, expressément marquée par les prophètes '. Au milieu de tant de maux, la confiance qu'ils eurent en Dieu les rendit intrépides et invincibles. Le peuple fut toujours heureux sous leur conduite ; et enfin, du temps de Simon, affranchi du joug des Gentils, il se soumit à lui et à ses enfants, du consentement des rois de Syrie.
Mais l'acte par lequel le peuple de Dieu transporte à Simon toute la puissance publique, et lui accorde les droits royaux *, est remarquable. Le décret porte qu'il en jouira^ lui et sa postérité, jusqu'à ce qu'il vienne un fidèle et véritable prophète '.
Le peuple, accoulumé dès son origine à un gouvernement divin, et sachant que, depuis le temps que David avait été mis sur le trône par ordre de Dieu, la souveraine puissance appartenait à sa maison, à qui elle devait être à la fin rendue au temps du Messie , quoique d'une manière plus mystérieuse et plus haute qu'on ne l'attendait, mit expressément cette restriction au pouvoir qu'il donna à ses pontifes, et continua de vivre sous eux dans l'espérance de ce Christ tant de fois promis.
C'est ainsi que ce royaume absolument libre usa de son droit, et pourvut à son gouvernement. La postérité de Jacob, par la tribu de Juda et par les restes * qui se rangèrent sous ses étendards, se conserva en corps d'État, et jouit indépendamment" et paisiblement de la terre qui lui avait été assignée.
La religion judaïque eut un grand éclat, et reçut de nouvelles marques de la protection divine. Jérusalem, assiégée et réduite à l'extrémité par Antiochus
1. Zach., XIV, 14 ;1 Mach,, i, 12 ; il, ! plémcnt, comme il l'est ici par Bossucf,
XI, iO, 21, ii; ivi; Il Mach., iv, 22, et scq. B.
■i. Les droits eoïaux. V.p. 104, a. 4.