Luc, ixiv, 49. B
4, MlRQUBHT L'srPICACB Dl LBCR tk-
ce que je conç^ is, ni si h bonne parole que le Saint-Esprit me met dans le cœur, pourra sortir avec toute son efficace. » S. sur le jug;ement de J.-C. contre le monde. — « 0 Dieu, donnez efficace à votre parole... i S. sur la pénitence. Cf. p. 240,
rôles; en deux prédications de saint Pierre, huit mille Juifs se convertissent, et, pleurant leur erreur, ils sont lavés dans le sang qu'ils avaient versé.
Ainsi l'Église est fondée dans Jérusalem et parmi les Juifs, malgré l'incrédulité du gros de la nation*. Les disciples de Jésus-Christ font voir au monde une charité, une force, et une douceur ^ qu'aucune société n'avait jamais eue. La persécution s'élève; la foi s'augmente; les enfants de Dieu apprennent de plus en plus à ne désirer que le ciel; les Juifs, par leur malice obstinée, attirent la vengeance de Dieu, et avancent les maux extrêmes dont ils étaient menacés; leur état et leurs affaires empirent. Pendant que Dieu continue fi en séparer un grand nombre qu'il range parmi ses élus, saint Pierre est envoj'é pour baptiser Corneille, centurion romain. Il apprend premièrement par une céleste vision, et après par expérience, que les Gentils sont appelés à la connaissance de Dieu. Jésus-Christ, qui les voulait convertir, parle d'en haut à saint Paul, qui en devait être le docteur; et, par un miracle inouï jusqu'alors, en un instant, de persécuteur il le fait non-seulement défenseur, mais encore zélé prédicateur de la foi: il lui découvre le secret profond de la vocation des Gentils par la réprobation des Juifs ingrats, qui se rendent de plus en plus indignes de l'Évangile. Saint Paul tend les mains aux Gentils ^ : il traite avec une force merveilleuse ces importantes questions* : « Si le Christ devait souffrir, et (( s'il était le premier qui devait annoncer la vérité au «peuple et aux Gentils, après être ressuscité des morts: » il prouve l'affirmative par Moïse et par les prophètes, et appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu, au nom
l.DoGROSDBLANATiox.V. p. 246,11.5. , BCCB convertimuT ad gentes. xiii, 46. —
2. On a de Bossuet un admirable ser- \ Une expression semblable, appliquée à
mon sur l'alliance de ces trois ïerlus un autre ordre de faits et d'idées, a été
chez les apôtres : c'est le II« pour le remarquée plus haut : « Les forces de
jour de la Peatecôle.
3. Tend les maiss aux Gentils. Grande et touchante image, suggérée à Bossuet par ces paroles des Actes : Quoniara.... ittdigaûs vos iudicalis xteruœ vilae,
l'Egypte et de l'Orient sont dissipées..
Rome tend les bras à César P. 130.—
Pascal : i Je tends les bras à mon libérateur... «Pensées, éd. llavet, art. XV, 19. 4. Act., xiYi, 23. B.
SUR L'HISTOIRE UNIVI.RSELLE.
de Jésus-Cbrist ressuscité. Ils se convertissent en foule : saint Paul fait voir que leur vocation est un elfetdela grâce, qui ne distingue plus ni Juifs ni Gentils.
La fureur et la jalousie transporte les Juifs; ils font des complots terribles contre saint Paul, outrés principalement de ce qu'il prêche les Gentils, et les amène au vrai Dieu : ils le livrent enfin aux Romains, comme ils leur avaient livré Jésus-Christ. Tout l'empire s'émeut' contre l'Église naissante; et Néron, persécuteur de tout le genre humain % fut le premier persécuteur des fidèles. Ce tyran fait mourir saint Pierre et saint Paul. Rome est consacrée par leur sang; et le martyre de saint Pierre, prince des apôtres, étabht dans la capitale de l'empire le siège principal de la religion.
Cependant le temps approchait où la vengeance divine devait éclater sur les Juifs impénitents: le désordre se met parmi eux; un faux zèle les aveugle, et les rend odieux à tous les hommes; leurs faux prophètes les enchantent'par les promesses d'un règne imaginaire. Séduits par leurs tromperies, ils ne peuvent plus souffrir aucun empire légitime, et ne donnent aucunes bornes ^ à leurs attentats. Dieu les livre au sens réprouvé ^. Ils se révoltent contre les Romains, qui les accablent; Tite même, qui les ruine, reconnaît qu'il ne fait que prêter sa main à Dieu irrité contre eux *. Adrien achève de les exterminer. Ils périssent avec toutes les marques de la vengeance divine : chassés de leur terre, et esclaves par tout l'univers, ils n'ont plus ni temple, ni autel, ni sa-
). S'ÉMECT. Se soulève, se remue :
movetur. Cf. p. 163, n. 2.
9.. Ce mot sur Néron a déjà été relevé et commenté. V. les Epoques, p. 117.
3. Les ERcnAXTB:«T. Le sens de ce verbe garde ici quelque chose du latin incantare, charmer, ensorceler. V. ce que l'auteur dit plus loin des prestiges de ces faux prophètes, c. m.
4. AoctwES BORNES. Aucwi gardait encore son pluriel, que l'usage lui a à peu près enlevé depuis. « Qu'hî/cuhs ne craignent sous votre empiie, sinon les méchants; qu'aucune n'espèieut, sinon
les bons. » S. sur les Devoirs des Rois, 2» p.
Aucuns monstres par moi domptés jusqu'au- [jourd'hui.
Ne m'ont arquis le droit de faillir comme luu- RiCiXB, Phèdre, I, î.
5. Au SB?s nÉPRODVÉ. Bossuet explique lui-même ce mot quelques pages plus loin. • Un des tristes effets de la vengeance divine est lorsque.... » c. m, hé flexions particulières sur ie châtiment des Juifs.
6. Pbilost., Vt^ Apoll. Tuon., lib.Tl, c. 29; Jopepb.jiJe bello jld., lib, VU, cap. 16, al. lib. VI^ c. 8. B.
crifice, ni pays; et on ne voit en Juda aucune forme de peuple '.
Dieu cependant avait pourvu à l'éternité de son culte : les Gentils ouvrent les yeux, et s'unissent en esprit aux Juifs convertis. Ils entrent par ce moyen dans la race d'Abraham, et, devenus ses enfants par la foi, ils héritent des promesses qui lui avaient été faites. Un nouveau peuple se forme, et le nouveau sacrifice, tant célébré par les prophètes, commence à s'offrir par toute la terre.
Ainsi fut accompU de point en point l'ancien oracle de Jacob : Juda est multiplié dès le commencement plus que tous ses frères; et ayant toujours conservé une certaine prééminence, il reçoit enfin la royauté comme héréditaire. Dans la suite, le peuple de Dieu est réduit à sa seule race ; et, renfermé dans sa tribu, il prend son nom. En Juda se continue ce grand peuple promis à Abraham, à Isaac et à Jacob ; en lui se perpétuent les autres promesses, le culte de Dieu, le temple, les sacrifices, la possession de la terre promise, qui ne s'appelle plus que la Judée. Malgré leurs divers états, les Juifs demeurent toujours en corps de peuple réglé et de royaume, usant de ses lois. On y voit naître toujours ou des rois, ou des magistrats et des juges, jusqu'à ce que le Messie vienne : il vient, et le royaume de Juda peu à peu tombe en ruine. Il est détruit tout à fait, et le peuple juif est cha:isé sans espérance de la terre de ses pères. Le Messie devient l'attente des nations, et il règne sur un nouveau peuple ^
Mais, pour garder la succession et la continuité, il fallait que ce nouveau peuple fût enté, pour ainsi dire, sur le premier, et, comme dit saint Paul ^ « l'olivier
1. Ce dernier état des Juifs est marqué ici, et ailleurs, avec une insistance qui ne laisse échapper aucune des circonstances de leur anéantissement comme peuple. V. la noie 3 de la p. 323.