‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 303 sur 583 · Ibid., U. eic. B · texte numérisé non relu

Ibid., U. eic. B

H quelle grâce ne verrons-nous pas reluire quand ils (( retourneront avec plénitude! Si leur réprobation a été « la réconciliation du monde, leur rappel ne sera- t-il « pas une résurrection de mort à vie ? Q ne si les prémices (( tirées de ce peuple sont saintes, la masse l'est aussi; « si la racine est sainte, les rameaux le sont aussi ; et si « quelques-unes des branches ont été retranchées, et «que toi, Genlil, qui n'étais qu'un olivier sauvage, tu (( aies été enté parmi les branches qui sont demeurées « sur l'olivier franc, en sorte que tu participes au suc « découlé de sa racine, garde-toi de t'élever contre les « branches naturelles. Que si tu t'élèves, songe que ce « n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la race cine qui te porte. Tu diras peut-être : Les branches na- « turelles ont été coupées, afin que je fusse ente en leur « place. Il est vrai, l'incrédulité a causé ce retranche- « ment, et c'est ta foi qui te soutient. Prends donc garde « de ne t'enfler pas, mais demeure dans la crainte : car (( si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, tu dois « craindre qu'il ne t'épargne encore moins '. »

Qui ne tremblerait en écoutant ces paroles de l'apôtre? Pouvons-nous n'être pas épouvantés de la vengeance qui éclate depuis tant de siècles si terriblement sur les Juifs, puisque saint Paul nous avertit, de la part de Dieu, que notre ingratitude nous peut attirer un semblable traitement?

Mais écoutons la suite de ce grand mystère. L'apôtre continue à parler aux Gentils convertis, a Considérez, « leur dit-il ^ la clémence et la sévérité de Dieu ; sa sé- (( vérité envers ceux qui sont déchus de sa grâce, et sa « clémence envers vous, si toutefois vous demeurez fer- « mes en l'état oii sa bonlé vous a mis : autrement « vous serez retranchés comme eux. Que s'ils cessent « d'être incrédules, ils seront entés de nouveau, parce

1. Bossuct traduit avec un granJ art (latte pas les oreilles, mais porte ses ce beau passage de l'Apôtre, ou plu!ot coups droit au cœur.» Panjgyriqi.'C de avec une intelligence irofonde de ce | saint Faul, l'^"' p. stjle " rude, » mais puissant, a qui ne | 2. Rom., xi, 22, et seq. B.

« que Dieu (qui les a retranchés) est assez puissant pour « les faire encore reprendre. Car si vous avez été détaa chés de l'olivier sauvage où la nature vous avait fait (( naître, pour être enics dans l'olivier franc contre l'or- « dre naturel, combien plus facilement les branches na- « turelles de l'olivier môme seront-elles entées sur leur (( propre tronc? » Ici l'apôtre s'élève au-dessus de tout ce qu'il vient de dire, et, entrant dans les profondeurs des conseils de Dieu, il poursuit ainsi son discours * : « Je ne veux pas, mes frères, que vous ignoriez ce mys- « 1ère, afin que vous appreniez à ne présumer pas de « vous-m&mes. C'est qu'une partie des Juifs est tombée « dans l'aveuglement, afin que la mullitude des Gentils « entrât cependant dans l'Église, et qu'ainsi tout Israël (( fût sauvé, selon qu'il est écrit* : Il sortira de Sion un « libérateur qui bannira l'impiété de Jacob; et voici l'al- « liance que je ferai avec eux, lorsque j'aurai effacé leurs « péchés. »

Ce passage d'Isaïe, que saint Paul cite ici selon les Septante, comme il avait accoutumé, 5 cause que leur version était connue par toute la terre, est encore plus fort dans l'original, et pris dans toute sa suite. Car le prophète y prédit avant toutes choses la conversion des Gentils par ces paroles : « Ceux d'Occident craindront « le nom du Seigneur, et ceux d'Orient verront sa gloire. » Ensuite, sous la figure d'?m fleuve rapide poussé pm^ un vent impétueux, Isaïe voit de loin les persécutions qui feront croître l'Église. Enfin le Saint-Esprit lui apprend ce que deviendront les Juifs, et lui déclare « que le « Sauveur viendra à Sion, et s'approchera de ceux de « Jacob, qui alors se convertiront de leurs péchés ' : et « voici, dit le Seigneur, l'alliance que je ferai avec eux. « Mon esprit qui est en toi, ô prophète, et les paroles « que j'ai mises en ta bouche, demeureront clcrnoUe-

1. Rom., XI, 25, et seq. B. I déjà remarqué plus haut ce latinisme :

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