L'énergique contraste de ces verbes
entre lesquels on s'attend si peu à voir établir une relation étroite de cause et d'effet {changer le monde — seulement en souffrant], se retrouve, non moins cliquent, dans un des sermons de notre auteur: a... Église de Jésus-Christ, je n'ai plus de peine à comprendre que les tiens, en prêchant, en souffrant, en mourant, coMyrironl les tyrans de honte, et qu'un jour ta patience forcera le monde à changer les lois qui te condamnaient, lorsque je vois... • lU S.
p. ie jour de la Pentecôte, l«' p. Saiut Augustin, il est vrai, avait dit qu'il appartenait aux chrétiens de t dompter le monde par l'humilité de la patience. • Mundwn patiendi humilitate vincere.
lu Joau. Tract, cxvi.
SUR L'HISTOIRE UMVEIISELLE.
terre ; cette merveille devait arriver incontinent après sa mort ; et il avait dit qu'api-ès qu'on l'aurcdt élevé de terre, c'est-à-dire qu'on l'aurait attaché à la croix, il altirerail à lui toutes choses '. Ses apôtres n'avaient pas encore achevé leur course, et saint Paul disait déjà aux Romains que leur foi était annoncée dans tout le monde *. 11 disait aux Colossiens que TÉvangile était ouï « de toute créature « qui était sous le ciel ; qu'il était prêché, qu'il fructifiait, « qu'il croissait par tout l'univers ^ n Une tradition constante nous apprend que saint Thomas le porta aux Indes *, et les autres en d'autres pays éloignés. Mais on n'a pas besoin des histoires pour confirmer cette vérité ; l'effet parle *, et on voit assez avec combien de raison saint Paul applique aux apôtres ce passage du Psalmiste * : a Leur voix s'est fait entendre par toute la terre, et leur « parole a été portée jusqu'aux extrémités du monde. » Sous leurs disciples, il n'y avait presque plus de pays si reculé et si inconnu, où l'Évangile n'eût pénétré. Cent ans après Jésus-Christ, saint Justin comptait déjà parmi les fidèles beaucoup de nations sauvages, et jusqu'à ces peuples vagabonds qui erraient deçà et delà sur des chariots, sans avoir de demeure fixe "'. Ce n'était point une vaine exagération ; c'était un fait constant et notoire, qu'il avançait en présence des empereurs, et à la face de tout l'univers. Saint Irénée vient un peu après, et on voit croître le dénombrement qui se faisait des Églises. Leur concorde était admirable: ce qu'on croyait dans les Gaules, dans les Espagnes, dans la Germanie, on le croyait dans l'Egypte et dans l'Orient ; et comme « il n'y avait « qu'un même soleil dans tout l'univers, on voyait dans « toute l'Église, depuis une extrémité du monde à l'autre, « la même lumière de la vérité *. j>
». Joan.,Tiii, 28; m, 32. B.