R. Juda, CliusLevi,Gem., TV. San., C. II. B
Une telle rêverie ne put pas entrer dans les esprits ; et les Juifs, contraints enfin d'avouer que le Messie n'était pas venu dans le temps qu'ils avaient raison de l'atlendre selon leurs anciennes prophéties, tombèrent dans un autre abîme. Peu s'en fallut qu'ils ne renonçassent à l'espérance de leur Messie, qui leur manquait dans le temps ; et plusieurs suivirent un fameux rabbin, dont les paroles se trouvent encore conservées dans le Talmud *. Celui-ci, voyant le terme passé de si loin, conclut que « les Israélites n'avaient plus de Messie à attendre, parce « qu'il leur avait été donné en la personne du roi Ézé- « chias. »
A la vérité, cette opinion, loin de prévaloir parmi les Juifs, y a été détestée ^ Mais, comme ils ne connaissent plus rien '^ dans les temps qui leur sont marqués par leurs prophéties, et qu'ils ne savent par où sortir de ce labyrinthe*, ils ont fait un article de foi de cette parole que nous lisons dans le Talmud^ : « Tous les termes qui « étaient marqués pour la venue du Messie sont passés; » et ont prononcé d'un commun accord : « Maudits soient « ceux qui supputeront les temps du Messie 1 » comme on voit, dans une tempête qui a écarté le vaisseau trop loin de sa route, le pilote désespéré abandonner son calcul, et aller où le mène le hasard.
Depuis ce temps, toute leur étude a été d'éluder les prophéties où le temps du Christ était marqué : ils ne se sont pas souciés de renverser ® toutes les traditions de leurs pères, pourvu qu'ils pussent ôter aux chrétiens ces