Faisait la Cette manière
de parler, empreinte de familiarité, trouvait plus facilement accès, au ivxif siècle, dans le style soutenu. — « ...Cette convoitise indocile, quoi qu'on fasse pour la retenir, se présente par tous les sens, pour se jeter sur les objets qui lui plaisent. Elle fait la modeste au commencement... » S. sur la virginité. — « Quelle raison y aurait-il pour que Dieu fit le dur et le rit/oureux sur une chose de si peu d'importance...? > S. sur la satisfaction.
On avait sujet de penser que la faiblesse de notre raison égarée a besoin d'une autorité qui la ramène au principe', et que c'est de l'antiquité qu'il faut apprendre la religion véritable. Aussi en avez-vous vu la suite immuable dès l'origine du monde. Mais de quelle antiquité se pouvait vanter le paganisme, qui ne pouvait lire ses propres histoires sans y trouver l'origine nonseulement de sa religion, mais encore de ses dieux? Varron et Cicéron ^, sans compter les autres auteurs, l'ont bien fait voir. Ou bien aurions-nous recours à ces milliers infinis d'années, que les Égyptiens remplissaient de fables confuses et impertinentes ^, pour établir l'antiquité dont ils se vantaient? Mais toujours y voyait-on naître et mourir les divinités de l'Egypte ; et ce peuple ne pouvait se faire ancien sans marquer le commencement de ses dieux.
Voici une autre forme de l'idolâtrie. Elle voulait qu'on servît * tout ce qui passait pour divin. La politique romaine, qui défendait si sévèrement les religions étran- / gères, permettait qu'on adorât les dieux des Barbares, pourvu qu'elle les eût adoptés. Ainsi elle voulait paraître équitable envers tous les dieux, aussi bien qu'envers tous les hommes. Elle encensait quelquefois le Dieu des Juifs avec tous les autres. Nous trouvons une lettre de Julien l'Apostat ^ par laquelle il promet aux Juifs de rétablir la sainte cité, et de sacrifier avec eux au Dieu créateur de l'univers. Nous avons vu que les païens voulaient bien adorer le vrai Dieu, mais non pas le vrai Dieu tout seul ; et il ne tint pas aux empereurs que Jésus- Christ même, dont ils persécutaient les disciples, n'eût des autels parmi les Romains.
Quoi donc 1 les Romains ont-ils pu penser â honorer comme Dieu celui que leurs magistrats avaient condamné au dernier supplice, et que plusieurs de leurs