‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 390 sur 583 · CORFORDUS FAB ELI.E-IÙIIE.Y ,p · texte numérisé non relu

CORFORDUS FAB ELI.E-IÙIIE.Y ,p

pliquer en paroles dont le son fût agréable h l'oreille, pour la faire entrer dans les esprits. Porphyre était admiré. Jambliqiie, son sectateur, passait pour un homme divin, parce qu'il savait envelopper les sentiments de son maître de termes qui paraissaient mystérieux, quoiqu'on effet ils ne signifiassent rien. Julien l'Apostat, tout fin qu'il était, fut pris par ces apparences ; les païens mômes le racontent '. Des enchantements vrais ou faux, que ces philosophes vantaient, leur austérité mal entendue, leur abstinence ridicule qui allait jusqu'à faire un crime de manger les animaux, leurs purifications superstitieuses, enfin leur contemplation qui s'évaporait en vaines pensées *^ et leurs paroles aussi peu solides qu'elles semblaient magnifiques, imposaient au monde. Mais je ne dis pas le fond ^. La sainteté des mœurs chrétiennes, le mépris des plaisirs qu'elle commandait, et plus que tout cela l'humilité qui faisait le fond du christianisme, offensait * les hommes ; et si nous savons le comprendre, l'orgueil, la sensualité et le libertinage* étaient les seules défenses de l'idolâtrie.

L'Église la déracinait tous les jours par sa doctrine, et plus encore par sa patience ®. Mais ces esprits malfaisants, qui n'avaientjamais cessé de tromper les hommes, et qui les avaient plongés dans l'idolâtrie, n'oublièrent pas leur mahce. Ils suscitèrent dans l'Église ces hérésies que vous avez vues. Des hommes curieux, et par là vains

1. Eunap., Maxim., Oribas., Chrysauth.; Ep. Jul. ad Janib. ; Amm.

Marcell., lib. XXII, XXIII, XXV. B.

2. Allusion à l'extase alexandiine. On reconnaît Porphyre, Jamblique, et autres mystiques de la même école, dans ce portrait tracé avec mépris, mais avec une piquante sagacité.

3. Je NE DIS PAS LB FesD. Correction vive et naturelle, par laquelle l'écrivain s'avertit lui-même de signaler une autre cause plus profonde de ce crédit persistant de 1 idolâtrie.

i. Offensait. Heurtait, choquait (off'endebat),

de Joid l'inOciible rudesse

De leur superbe oreille offensnil la mollesse. Racine, Ath., 111, 3.

0. Le LIBERTINAGE. C.-à-d., CD général, la licence, le désordre (de l'esprit aussi bien que des mœurs). Ce mot avait alors un sens plus étendu qu'aujourd'hui.

0 Dieu sait que la nature des hommes, portée d'elle-même au reWcAemen/,abuse de la facilité du pardon pour passeï au libertinage. » S . sur la satisfaction.

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