Amm. Marc, lib. XXI, cap. 16. B
« simple et précise par elle-même, » dans ses dogmes et dans sa conduite. C'est que l'Église véritable avait une majesté et une droiture * que les hérésies ne pouvaient ni imiter ni obscurcir ; au contraire, sans y penser, elles rendaient témoignage <\ l'Église catholique. Constance, qui persécutait saint Athanase, défenseur de l'ancienne foi, « souhaitait avec ardeur, dit « Ammien Marcellin^, de le faire condamner par l'au- « torité qu'avait l'évôquedeRomeau-dessusdes autres.» En recherchant de s'appuyer* de cette autorité, il faisait sentir aux païens mômes ce qui manquait à sa secte, et honorait l'Église dont les ariens s'étaient séparés : ainsi les Gentils mêmes connaissaient l'Église catholique. Si quelqu'un leur demandait où elle tenait ses assemblées et quels étaient ses évêques, jamais ils ne s'y trompaient. Pour les hérésies, quoi qu'elles fissent, elles ne pouvaient se défaire du nom de leurs auteurs. Les sabelliens, les paulianistes, les ariens, les pélagiens et les autres s'offensaient en vain du titre de parti qu'on leur donnait. Le monde, malgré qu'ils en eussent, voulait parler naturellement*, et désignait chaque secte par celui dont elle tirait sa naissance. Pour ce qui est de la grande Église, de l'Église catholique et apostolique, il n"a jamais été possible de lui nommer un autre auteur que Jésus- Christ même, ni de lui marquer les premiers de ses pasteurs sans remonter jusqu'aux apôtres, ni de lui donner un autre nomquecelui qu'elle prenait. Ainsi, quoi que fissent les hérétiques, ils ne la pouvaient cacher aux païens. Elle leur ouvrait son sein par toute la terre ^; ils y accouraient en foule. Quelques-uns d'eux se
1. Droiture. Ce mot répond à ce qui ■ que. Le monde s'obstinant, quoi qu'en ■vient d'être dit des caructères delà vraie ; eussent les sectes dissidentes, à parler Eglise dans la phrase précédente : il | naturellement I On ne pouvait justifier
signifie la droiture de ses voies. Ce sens a vieilli.