‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 398 sur 583 · Gardés. Tout ce qui suit ce mot · texte numérisé non relu

Gardés. Tout ce qui suit ce mot

jusqu'à : lepeiiple juif est le seul qui ait connu (p. 404), est une de ces additions que Bossuet avait préparées pour une édition nouvelle, et que les éditeurs de Versailles ont cru devoir introduire dans le texte. Dans les éditions publiées de son vivant, après, si religieusement gardés, on lisait : « Ce peuple est le seul qui ait connu. .. «

2. Epoque YIU, an de Rome, 305. Voy. ci-dessus, p. 63 (76). B,

qu'après que leurs livres sacrés eurent été traduits en celle langue, et qu'ils furent eux-mêmes répandus dans les villes grecques, c'est-à-dire deux à trois cents ans avant Jésus-Christ. L'ignorance de la Divinité était alors si profonde parmi les Gentils, que leurs plus habiles écrivains ne pouvaient pas même comprendre quel Dieu adoraient les Juifs. Les plus équitables leur donnaient pour Dieu les nues et le ciel, parce qu'ils y levaient souvent les yeux, comme au lieu où se déclarait le plus hautement la toute-puissance de Dieu, et où il avait établi son trône. Au reste, la religion judaïque était si singulière* et si opposée à toutes les autres; les lois, les sabbats, les fêtes et toutes les mœurs de ce peuple étaient si particulières, qu'ils s'attirèrent bientôt la jalousie et la haine de ceux parmi lesquels ils vivaient. On les regardait comme une nation qui condamnait toutes les autres. La défense qui leur était faite de communiquer avec les Gentils en tant de choses, les rendait aussi odieux qu'ils paraissaient méprisables. L'union qu'on voyait entre eux, la relation qu'ils entretenaient tous si soigneusement avec le chef ^ de leur religion, c'està-dire Jérusalem, son temple et ses pontifes, et les dons qu'ils y envoyaient de toutes parts, les rendaient suspects ; ce qui, joint à l'ancienne haine des Égyptiens contre ce peuple si maltraité de leurs rois et délivré par tant de prodiges de leur tyrannie, fit inventer des contes inouïs sur son origine, que chacun cherchait à sa fantaisie, aussi bien que les interprétations de leurs cérémonies, qui étaient si particulières, et qui paraissaient si bizarres lorsqu'on n'en connaissait pas le fond et les sources. La Grèce, comme on sait, était ingénieuse à se tromper et à s'amuser agréablement elle-même ^; et de

1. Si sixGULiÈnK. c'est-à-dire, si particulière, si peu semblable aux religions du reste du inonde. « Le peuple juif, a dit de même Pascal, attire mon attention par une quantité de choses admirables et singulières qui y paraissent. » Puisées, éd. Havct, t. I, p. 199. Et ailleurs : a Je trouve en un coin du monde,

un peuple particulier... • Ibid., p. 198.

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