iNGÉrflEUSB A SE TROMPER
et qiiidquid Graecia mcndax
Audel in bistoria.
JuvéNAL. X, nt.
Cf. Ce que l'auteur a déjà dit, dans les Epoques, de la manière dont les an-
tout cela sont venues les fables que l'on trouve dans Justin, dans Tacite, dans Diodore de Sicile, et dans les autres de pareille date qui ont paru curieux dans les affaires ' des Juifs, quoiqu'il soit plus clair que le jour qu'ils écrivaient sur des bruits confus, après une longue suite de siècles interposés, sans connaître leurs lois, leur religion, leur philosophie, sans avoir entendu leurs livres, et peut-être sans les avoir seulement ouverts.
Cependant, malgré l'ignorance et la calomnie, il demeurera pour constant que le peuple juif est le seul qui ait connu dès son origine le Dieu créateur du ciel et de la terre ; le seul par conséquent qui devait être le dépositaire des secrets divins. Il les a aussi conservés avec une religion ^ qui n'a point d'exemple. Les livres que les Égyptiens et les autres peuples appelaient divins sont perdus il y a longtemps, et à peine nous en reste-t-il quelque mémoire confuse dans les histoires anciennes. Les livres sacrés des Romains, où Numa, auteur de leur religion, en avait écrit les mystères, ont péri par les mains des Romains mêmes, et le sénat les fit brûler' comme tendants '* à renverser la religion. Ces mêmes Romains ont à la fin laissé périr les livres sibyllins, si longtemps révérés parmi eux comme prophéliques, et où ils voulaient qu'on crût qu'ils trouvaient les décrets des dieux immortels sur leur empire, sans pourtant en avoir jamais montré au public, je ne dis pas un seul volume, mais un seul oracle. Les Juifs ont été les seuls dont les Écritures sacrées ont été d'autant plus en vénération,
qu'elles ont été plus connues. De tous les peuples an-
tiquités des peuples Ics plus anciens ont I Dei, lib. vn, cap. 34; tom. VII, cot. été recueillies, pour ia Grèce toujours 187. B. — Tite-Live n'affirme nuliccurieuse, par les historiens de ce pays. | mcntqueccs livres qu'ondécouvrit à Ro-
1. CoRiEox DANS... Tour plus latin que français. In rébus ou tn scribendis rébus Jiidœorum diligentes.
i: Avec une religion. Au sens où les Latins employaient si souvent reliyio:
avec un soin, un scrupule...
3. Tit. Liv., lib. XL, cap. 29 ; A'arr., lib. Decultu Deor., apud Aug., De civ.
me au temps de Paul-Emile,et que le sénat fit brûler, fussent l'ouvrage de Numa.
4. Comme texdants a renverser. La règle qui fait le participe présent indéclinable, n'était pas encore parfaitement établie au temps où fut écrite l'Histoire iinivci-selle. On a vu plus haut : « Ces âmes vioantes d'une vie brute et bestiale... » P. 184.
SUR L'HISTOIRE UNIVERSFXLE.
ciens, ils sont le seul qui ait conservé les monuments primitifs de sa religion, quoiqu'ils fussent pleins des témoignages de leur infidélité et de celle de leurs ancêtres. Et aujourd'hui encore ce même peuple reste sur la terre pour porter à toutes les nations où il a été dispersé, avec la suite de la religion, les miracles et les prédictions qui la rendent inébranlable.
Quand Jésus-Christ est venu, et qu'envoyé par son Père pour accomplir les promesses de la loi, il a confirmé sa mission et celle de ses disciples par des miracles nouveaux, ils ont été écrits avec la même exactitude. Les actes en ont été publiés à toute la terre; les circonstances des temps, des personnes et des lieux ont rendu l'examen facile à quiconque a été soigneux de son salut. Le monde s'est informé; le monde a cru; et, si peu qu'on ait considéré les anciens monuments de l'Église, on avouera que jamais affaire n'a été jugée avec plus de réflexion et de connaissance.
Mais dans le rapport qu'ont ensemble les livres des deux Testaments, il y a une différence à considérer : c'est que les livres de l'ancien peuple ont été composés en divers temps. Autres sont les temps de Moïse, autres ccuxde Josué et des Juges, autres ceux des Rois : autres ceux où le peuple a été tiré d'Egypte, et où il a reçu la loi ; autres ceux où il a conquis la terre promise ; autres ceux où il y a été rétabli par des miracles visibles. Pour convaincre l'incrédulité d'un peuple attaché aux sens, Dieu a pris une longue étendue de siècles* durant lesquels il a distril3ué ses miracles et ses prophètes, afin de renouveler souvent les témoignages sensibles par lesquels il attestait ses vérités saintes. Dans le Nouveau Testament il a suivi une autre conduite. Il ne veut plus rien révéler de nouveau à son Église après Jésus-Christ. En lui est la perfection et la plénitude* ; et tous les livres
1. Dieu a pris... — Comme on dit, qu'il appartient de prend;-/? ce qu'il lui
de l'homme, qu'ilprend des jours pour plait d'en employer à ses desseins,
faire quelque chose, ou des années. 2. En lui est... la plénitude. Mot
Mais le mot est ici d'une convenance évangélique. « Dep/e/iiïurfi'ne ejus nos
particulière : car c'est surtout à celui omnesaccepimus,» dit saint Jean, i, 16. qui dispose souveraioÊment des temps.
divins qui ont été composés dans la nouvelle alliance l'ont été au temps des apôtres.
C'est-à-dire que le témoignage de Jésus-Christ, et de ceux que Jésus-Christ même a daigné choisir pour témoins de sa résurrection, a suffi à l'ÉgUse chrétienne. Tout ce qui est venu depuis l'a édifiée * ; mais elle n'a regardé comme purement inspiré de Dieu que ce que les apôtres ont écrit, ou ce qu'ils ont confirmé par leur autorité.
Mais, dans cette diff'érence qui se trouve entre les livres des deux Testaments, Dieu a toujours gardé cet ordre admirable, de faire écrire les choses dans le temps qu'elles étaient arrivées, ou que la mémoire en était récente. Ainsi ceux qui les savaient les ont écrites, ceux qui les savaient ont reçu les livres qui en rendaient témoignage ; les uns et les autres les ont laissés à leurs descendants comme un héritage précieux; et la pieuse postérité les a conservés.
C'est ainsi que s'est formé le corps des Écritures saintes tant de l'Ancien que du Nouveau Testament : Écritures qu'on a regardées, dès leur origine, comme véritables en tout, comme données de Dieu même, et qu'on a aussi conservées avec tant de religion *, qu'on n'a pas cru pouvoir sans impiété y altérer une seule lettre.
C'est ainsi qu'elles sont venues jusqu'à nous, toujours saintes, toujours sacrées, toujours inviolables; conservées les unes par la tradition constante du peuple juif, et les autres par la tradition du peuple chrétien, d'autant plus certaine, qu'elle a été confirmée par le sang et par le martyre tant de ceux qui ont écrit ces livres divins, que de ceux qui les ont reçus.
Saint Augustin et les autres Pères demandent sur la foi de qui nous attribuons les livres profanes à des temps et à des auteurs certains '. Chacun répond aussitôt que les livres sont distingués par les différents rapports qu'ils
i. L'a ÉDIFIÉE. C.-à-d., l'a aidée à s'af- I 3. Aug., Cont. Fnust., lib. XI cap. 2, ferrair ou à s'élever [œdificavU). XXXII, 21; XXXIII, 6; tom. VUl, col.