‹ Discours sur l'histoire universelle (volume 2)Chapitre 408 sur 583 · CHAPITRE XXVUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVUI

Les difficultés qu'on forme contre l'Écriture sont aisées à vaincre par les hommes do bon sens et de bonne foi.

Qu'on ne dise pas que la discussion de ces faits est embarrassante; car quand elle le serait, il faudrait ou s'en rapporter à l'autorité de l'Église et i\ la tradition de tant de siècles, ou pousser l'examen jusqu'au bout, et ne pas croire qu'on en fût quitte pour dire qu'il demande plus de temps qu'on n'en veut donner à son salut. Mais au fond, sans remuer avec un travail infini les livres des deux Testaments, il ne faut que lire les livres des Psaumes, où sont recueillis tant d'anciens cantiques du peuple de Dieu, pour y voir, dans la plus divine^ poésie qui fut jamais, des monuments immortels de l'histoire de Moïse, de celle des Juges, de celle des Rois, imprimés par le chant et par la mesure dans la mémoire des hommes. Et pour le Nouveau Testament, les seules Épîtres de saint Paul, si vives*, si originales, si fort du temps, des affaires et des mouvements^ qui étaient alors,

1. Non plus qub sbs moeurs. Bossuet prend toujours soin de rappeler cette cause secrète de rOsistance, qui, à ses yeux, est la principale. Tout récemment, après avoir dit par quelles chimères les Julien et les Porphyre séduisaient les esprits, il ajoutait : « Mais je ne dis pas le fond : la sainteté des mœurs chrelicunes.... offensait les hommes...-' P. 397. Plus loin, c. xixviii, il dira de l'Écriture : a C'est un livre ennemi du genre humain : il veut obliçcr les hommes à soumettre leurs esprits à Dieu, et à réprimer leurs passions déréylées : il faut qu'il périsse. •

2. Une partie de ce chapitre semble être à l'adresse de l'oratorien Piichard Simon, qui, tout récemment, dans son Histoire critique du Vieux Testament (11.78), avait soutenu que les livres de Moïse, dans la forme où nous les

avons, étaient en partie l'œuvre dos Scribes rassemblés par Esdras pour mettre en ordre les livres sacrés, après le retour de Babylone.

3. La plus divine. V. ce que Bossuet a dit lui-même plus haut, p. iil7 et2l8, de la divine beauté de ces chants. « C'était Dieu et ses œuvres merveilleuses »

4. Si VIVES. Si vivantes. Vif revient souvent chez Bossuet avec son sens premier, son sens latin. Cf. p. 2ifi.

Entre autres nombreux exemples de cet usage du mot, celui-ci est fort remarquable : "... Alors nous serons semblables aux Auges... Combien libre alors sera notre liberté (dans la pleine vue de Dieu) ! Combien vioe notre vie, combien tranquille notre paix! » IV^ S. sur la Circoncision, 3* p.

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